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Seraing : un emballement des réseaux sociaux autour de la disparition d’un adolescent qui peut être stigmatisant

L'adolescent avait disparu après la fin des cours ce mercredi midi à l'Athénée Royal Air Pur de Seraing
16 déc. 2021 à 14:24Temps de lecture2 min
Par Martial Giot

La disparition d’un adolescent mercredi à la mi-journée à Seraing a suscité un emballement des réseaux sociaux. Son école, sa famille et la police avaient publié des avis de disparition qui ont été très, très largement partagés. Le jeune a finalement été retrouvé sain et sauf dans un bus vers 23h30. Sa disparition était volontaire.

Lors d’une disparition, agir vite est important. Mais dans un cas comme celui vécu à Seraing ce mercredi, le retentissement donné sur les réseaux sociaux à l’escapade d’un adolescent ne risque-t-il pas de le poursuivre et même de se révéler handicapant ?

Une catastrophe pour le jeune

Bernard Devos, le délégué général aux droits de l’enfant, parle d’une catastrophe pour le jeune concerné par un tel emballement des réseaux sociaux. Il comprend la réaction des proches qui, inquiets, cherchent à le retrouver, rapidement, mais il la juge contreproductive.

Pour Bernard Devos, il faut laisser cela à des gens qui sont qualifiés pour le faire. Il rappelle que la Belgique dispose d’une institution dont c’est la tâche première : Child Focus. Il souligne que Child Focus analyse bien les situations et ce qu’il convient de mettre en place, avec d’autres intervenants, en fonction des cas, avant de diffuser un avis de disparition.

Child Focus est aussi organisée pour retirer très vite les avis et affiches lorsque le jeune est retrouvé. Le délégué général aux droits de l’enfant relève que, en revanche, sur les réseaux sociaux, les avis restent. Cela peut avoir des conséquences pour l’enfant et pour la protection de son image.

Partager uniquement les avis de disparition officiels

De son côté, Child Focus donne régulièrement une recommandation, celle de ne partager que des avis de disparition officiels. La fondation confirme qu’elle ne publie qu’en connaissance de cause et que, dès qu’un jeune est retrouvé, sa photo est retirée, ce qui permet de ne pas le stigmatiser.

Lorsque, après analyse, il apparaît que la disparition est une fugue, Child Focus ne publie pas un avis de disparition classique mais un avis discret, limité à certains canaux.

Elle insiste aussi sur l’impact négatif qu’une communication de grande ampleur et non contrôlée peut avoir sur le jeune. Se voir ainsi pointer du doigt peut lui ôter encore plus l’envie de réapparaître ou lui donner des idées noires.

Prise en charge

Child Focus explique aussi que dans des cas semblables à celui vécu à Seraing, elle essaye de prendre contact avec les parents pour les aider à retirer les avis diffusés.

Elle peut aussi, si le besoin s’en fait sentir, proposer une prise en charge du jeune. Elle dispose en effet des personnes à même d’assurer cette prise en charge.

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