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Seraing : vers la faillite du Cristal Park

© RTBF – François Braibant

24 nov. 2022 à 19:59 - mise à jour 24 nov. 2022 à 21:02Temps de lecture2 min
Par François Braibant

Le Cristal Park est "mort". La Ville de Seraing va conseiller aux conseils d’administration des sociétés liées au projet de faire aveu de faillite. L’échevine Laura Crapanzano, accompagnée des avocats de la Ville Jean-Louis Gilissen et Pierre Ramquet, l’ont annoncé ce jeudi soir aux conseillers communaux réunis en séance d’information à l’hôtel de Ville d’Ougrée.

Sur l’air de "libérée, délivrée"

La Ville ne va rien y perdre ont expliqué l’échevine Crapanzano et les deux avocats : la municipalité va "récupérer le château" : c’est ce que prévoit le bail emphytéotique en cas de faillite. Deuxièmement, elle va "récupérer ses terrains"… "si on s’y prend bien" a précisé Laura Crapanzano. Et la municipalité ne "perdra aucun argent". Le château sera encore géré et les événements prévus pourront se dérouler.

Le conseiller PTB Damien Robert s’est étonné de la posture de "chevaliers blancs" prise par l’échevine et les avocats de la Ville de Seraing. Il a expliqué que la Ville avait investi 1,7 million d’euros dans la société Immoval dont la faillite vient d’être annoncée. Cette valeur sera "réduite à zéro". Le château n’a "jamais cessé d’appartenir" à la municipalité, il ne faut donc pas se réjouir de le récupérer. Il a enfin mis en doute les affirmations optimistes quant à la propriété des terrains.

L’échevine Crapanzano s’est réjouie en début de séance du départ de l’actionnaire privé Guido Eckelmans, tout en critiquant la manière dont il a claqué la porte des négociations. L’échevine et les avocats de la Ville ont souligné la "liberté retrouvée" maintenant que l'actionnaire est parti.

Les deux versions de la rupture

Cet actionnaire privé, le promoteur immobilier flamand Guido Eckelmans, nous a confié ce jeudi matin croire lui aussi que le Cristal Park se dirigeait vers la faillite. Sa version de la rupture diffère de celle présentée par l’échevine Crapanzano. Selon l’une, Guido Eckelmans demandait une garantie écrite que la Ville ne l’attaquerait jamais en justice quoi qu’elle découvre. Selon Guido Eckelmans, c’est une question de sécurité juridique qui lui a fait claquer la porte : l’échevine n’a pas pu lui garantir que la "question de la propriété des terrains" serait réglée dans six mois*. Dans ces conditions, envisager d’investir encore n’avait plus de sens pour le promoteur qui assure avoir déjà dépensé "entre cinq et huit millions d’euros" dans le projet.

Ce qui va se passer

Ce lundi, le tribunal de l'entreprise va se prononcer sur la demande de prolongation de la procédure de réorganisation judiciaire des cinq sociétés liées au projet. Pour Immoval, Valinvest, Cristal Discovery et l'immobilière Deprez, elle ne la prolongera pas. A ce moment, ces sociétés ne seront plus protégées contre leurs créanciers. Les conseils d'administration des ces sociétés se réuniront dans le mois. Elles ont un mois pour faire aveu de faillite, comme le souhaite le Collège.

Le cas de Speci est distinct. La Ville de Seraing n'a rien à y dire puisque Guido Eckelmans en est le seul actionnaire. Guido Eckelmans nous a confié ce jeudi que si les quatre autres sociétés se dirigeaient vers la faillite, ce serait aussi le cas de Speci, qui est leur actionnaire direct et/ou indirect, puisque sa seule activité est de développer le Cristal Park.

Il y aura un "autre projet" pour le Val Saint-Lambert ont laissé entendre les avocats et l'échevine Crapanzano qui est la seule à s'exprimer pour le Collège, mais ce projet ne sera plus le Cristal Park qui est "mort". 

 

*L'échevine Laura Crapanzano nous l'a confirmé.

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