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Belgique

Sexisme, harcèlement : "Il y a trop peu de sanction" estime Violaine Alonso, membre de Fem&Law

22 févr. 2022 à 21:37 - mise à jour 01 mars 2022 à 10:08Temps de lecture3 min
Par Hugues Angot

Harcèlement, sexisme, viols. Ces faits reviennent régulièrement au-devant de l’actualité avec dernièrement des dénonciations dans une administration bruxelloise ou encore au sein d’universités. QR l’actu fait le point sur cette problématique avec Violaine Alonso, membre de Fem&L.A.W. et Tania Van Hemelryck, conseillère du recteur pour la politique de genre à l’UCLouvain.

Insécurité dans les transports

Les transports en commun sont des lieux propices aux insultes et agressions en tout genre au point que certaines femmes n’y mettent plus les pieds. Un sentiment que comprend Tania Van Hemelryck : "Une femme à l’heure actuelle ne sent pas en sécurité dans l’espace public a fortiori dans les transports en commun. Et beaucoup de femmes mettent en place des stratégies d’évitement pour se protéger. Les femmes peuvent compter sur des asbl qui mettent en place des formations pour réagir face à la violence verbale et physique. Mais la solution ne doit pas se trouver uniquement du côté des victimes. Il y a aussi une responsabilité des autres usagers qui voient des comportements déviants et qui peuvent réagir".

Plus de contrôles ?

Violaine Alonso ne croit pas que le renforcement des contrôles soit une stratégie efficace :

"Je ne pense pas que ce soit possible ni souhaitable de mettre un policier à chaque coin de rue ni dans chaque bus ou métro. La responsabilité collective peut réellement être efficace avec l’intervention de témoins". Du côté de Fem&Law, on pense par contre qu’il faut améliorer la prise en charge des plaignants et le traitement des plaintes.

Information et éducation

L’information et l’éducation sont évidemment essentielles pour lutter contre de tels phénomènes. "L’opinion publique change petit à petit par rapport à ces problématiques notamment en termes de tolérance" explique la conseillère du recteur pour la politique de genre à l’UCLouvain.

L’éducation doit permettre d’expliquer au plus grand nombre que le sexisme et le harcèlement ce sont aussi des petits comportements qui peuvent nuire à la personne ajoute Violaine Alonso.

"J’entends beaucoup par exemple dans ma pratique du droit du travail, c’était juste une blague sexiste. Il faut savoir que l’intention n’a aucune importance. On qualifie de harcèlement des comportements qui ont pour objet ou pour effet de porter atteinte à la personne. Même si l’intention était bonne, à partir du moment où elle a eu pour effet de porter atteinte à la collègue qui est victime de ces comportements, on va estimer que c’est un cas de harcèlement".

Pour ceux qui croient que le sexisme ou le harcèlement ne sont pas des notions très claires, la représentante de Fem&law réfute : " Il y a des textes de loi et des définitions très claires. Et si des personnes s’interrogent sur leurs comportements, à priori, c’est que ces comportements sont problématiques".

Police et justice

Tania Van Hemelryck pense que la formation des policiers doit sans doute être améliorée." Il est vital de former et d’informer les personnes qui sont en première ligne. Il ne faut pas banaliser ces faits qualifiés de harcèlement ou de sexisme, et minimiser l’impact sur les victimes".

Globalement, ces faits ne sont pas assez punis estime la représentante de Fem&Law : "Il y a trop peu de sanctions. On peut former les personnes tant que l’on veut sur l’interdiction du harcèlement, sur les dégâts que cela peut causer, il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui la grosse difficulté est le manque de sanctions. Les personnes adoptent leurs comportements en fonction des risques encourus. Tant que l’on observe autour de nous des personnes qui posent des comportements harcelants ou sexistes sans être inquiétés, cela envoie le message implicite que ces comportements sont tolérés".

Pourquoi attendre pour porter plainte ?

De nombreuses études détaillent certains processus psychologiques qui peuvent voir le jour lorsqu’on est victime comme la sidération, l’amnésie traumatique mais il faut se rendre compte ce que la victime ressent. "Pour la victime, il y a un sentiment de honte, de culpabilité parfois aussi la peur de représailles mais il faut rappeler aux victimes l’importance de se libérer de ce poids".

Il y a aussi de l’emprise qui peut se manifester dans des cas d’agression ou de harcèlement explique Violaine Alonso :"Il peut y avoir un déséquilibre, avec parfois des relations hiérarchiques qui compliquent les choses. Et parfois la victime ne se sent pas légitime dans sa plainte comme pour des cas de harcèlement ou les faits peuvent paraître mineurs mais mis bout à bout, c’est pourtant invivable".

 

 

 

 

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