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Environnement

Si on jette, on paie : la tactique adoptée par de plus en plus de villes dans le monde pour réduire les déchets

05 févr. 2022 à 12:30Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

Pour inciter les citadins à moins jeter, certaines villes n'hésitent pas à taxer leurs habitants en fonction de la quantité de déchets qu'ils produisent. Une politique instaurée dans plusieurs États américains, ainsi qu'à Séoul pour limiter le gaspillage alimentaire.

"Pay as you waste"

"Pay as you waste" ou, en français, "Payez comme vous jetez". En d'autres termes, si vous gaspillez vous devrez mettre la main au porte-monnaie. Une politique qui peut paraître un brin punitive. Mais elle est adoptée dans plusieurs villes du monde. Et elle semble porter ses fruits. 

Aux États-Unis, la pratique est très répandue : elle est notamment appliquée dans les villes de Seattle, Berkeley, Austin et Portland. Le principe consiste à payer des impôts supplémentaires en fonction de la production individuelle de déchets.

"Une manière de rendre les habitants plus impliqués dans les opérations de recyclage de leur ville et de les inciter à moins jeter", souligne une enquête publiée par le média The Conversation

C'est notamment le cas dans l'État américain du Massachusetts, dont les ménages ont généré en moyenne 562 kilos (1.239 pounds) de déchets par foyer en 2020, contre 796 kilos (1.756 pounds) par ménage dans les villes qui n'ont pas adopté cette approche, indique l'article de Lily Baum Pollans, professeur adjoint de politique et de planification urbaine au Hunter College à New York.

Comment ça marche ?

Certaines municipalités demandent à leurs habitants d'étiqueter des sacs-poubelle afin qu'ils paient séparément pour chaque emballage contenant les détritus. Ils peuvent aussi être obligés de s'inscrire à un service de collecte des déchets, ce qui limite la quantité d'ordures qu'ils peuvent déposer sur le trottoir.

Un système qui ressemble à celui instauré à Séoul. Depuis 2013, la capitale de la Corée du Sud exige que ses habitants payent des impôts supplémentaires en fonction du poids de leurs déchets alimentaires.

Chaque foyer dispose d'une carte à puce, sésame pour accéder aux poubelles connectées munies de balances et fournies par la municipalité.

Une fois le contenu des sacs-poubelle (biodégradables) vidés, le poids correspondant aux déchets s'affiche sur un petit écran. Il est ensuite ajouté à la facture du foyer détenteur de la carte.

Une mesure obligatoire et payante qui incite les habitants à limiter le gaspillage alimentaire et qui aurait permis à la municipalité de Séoul de réaliser des économies budgétaires d'environ 7 millions d'euros en termes de coups de ramassage des ordures. 

De la cryptomonnaie en échange de déchets

D'autres stratégies sont orchestrées pour encourager les citadins à ramasser les déchets sur leur temps libre. Si certains opteront volontiers pour le "plogging" (tendance suédoise qui consiste à faire son jogging un sac-poubelle à la main tout en ramassant les déchets croisés sur sa route), d'autres le feront contre une compensation financière.

C'est notamment le cas de l'application Clean Coins, développée par une start-up basée à Haïfa, en Israël. La jeune pousse a développé une cryptomonnaie éponyme pour récompenser les utilisateurs qui ramassent les déchets dans la ville. Les utilisateurs sont rétribués à la hauteur du nombre de déchets collectés et peuvent dépenser leurs gains (exclusivement en cryptomonnaie) dans les enseignes partenaires de l'entreprise.

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