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S’inspirer des gens inspirants : manque de personnalité ou idée de génie ?

Michelle Obama, un modèle inspirant pour beaucoup. Ici récoltant les légumes de son jardin de la Maison Blanche en juin 2010, dans le cadre de la campagne contre l’obésité.

© Belga Images/AFP-PAUL J. RICHARDS

05 mai 2021 à 13:10Temps de lecture3 min
Par RTBF La Première

On a tous, à un moment donné, besoin de changement ou envie d’autre chose. Est-ce une bonne chose de chercher l’inspiration auprès de personnes que nous trouvons inspirantes ? Réponses avec notre chroniqueuse Magali Mertens.

On regarde parfois avec envie, voire jalousie, des personnes de notre entourage arriver sans problème là où l’on voudrait être. On pense que cette personne est plus douée que nous ou a eu beaucoup de chance. Plutôt que de s’arrêter là, pourquoi ne pas réfléchir à savoir comment ils y sont arrivés ? Après tout, ne pourrions-nous pas nous aussi nous servir de cette recette-là ?


Nos héros

Nous avons tous eu, dans notre enfance, rappelle Magali Mertens, des héros ou des héroïnes qui nous faisaient rêver et nous donnaient envie d’agir comme eux. "Et si au final, ce que j’envie pouvait en réalité m’inspirer ?", questionne-t-elle.

Dans le milieu de travail, si la prise de parole est très aisée pour une certaine personne, si elle fait preuve de charisme, plutôt que de l’envier et de l’observer d’un mauvais oeil, pourquoi ne pas l’observer pour voir comment elle fait ?

En dehors des proches, collègues, amis, on peut aussi parfois avoir des idéaux qui nous dépassent, des modèles qui nous font aller de l’avant. Pour Magali Mertens, c’était Helen Keller, cette Américaine sourde, muette, aveugle qui a réussi à avoir un diplôme universitaire, a fait campagne pour le droit de vote des femmes, les droits relatifs au travail, le socialisme, l’antimilitarisme et d’autres causes similaires. Elle avait une vraie capacité de résilience. C’était pour Magali Mertens un modèle qui la faisait aller de l’avant et l’a aidée à traverser son cancer.

Michelle Obama est aussi une personnalité inspirante, elle qui se lève à 4h du matin, et à 6h, a déjà accompli un milliard de choses !

"On doit toutefois veiller à faire une distinction entre les personnes qui nous donnent envie de nous élever et les profils insta ultra-léchés, comme la maman top model qui a une maison parfaite, et qui finalement nous fait du mal, parce qu’on est dans la comparaison. Dans les réseaux sociaux, il ne faut pas oublier qu’il y a ce que l’on voit et ce qu’il y a derrière", rappelle Magali Mertens.
 

Le modèle de la PNL

Les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique ont au départ observé trois thérapeutes, exceptionnels chacun dans leur domaine, pour en tirer LA recette. Dans leurs deux livres 'La structure de la magie', ils ont modélisé cette étude en trois étapes : observer, questionner, imiter.

  • essayer de détecter autour de vous quelques personnes qui ont la qualité que vous souhaiteriez avoir. Les observer, étudier ce qu’elles font différemment de vous, ce qu’elles mettent en place pour incarner cette qualité.
     
  • questionner ces personnes, leur demander ce qui se passe dans leur tête quand par exemple, elles prennent la parole en public. Les interroger sur leurs images mentales, leurs croyances. Leur demander de conscientiser leurs processus, qui sont souvent inconscients. Et si ce sont des personnalités connues, regarder des interviews.
     
  • imiter, car c’est en forgeant qu’on devient forgeron, cite Magali Mertens. C’est l’étape difficile, parce que c’est là que nos croyances et nos peurs peuvent nous bloquer. On a peur d’avoir l’air ridicule.
    Fake it until you make it, dit ce dicton anglais : fais semblant jusqu’à ce que vraiment tu y arrives. "Vous jouez un peu un rôle, il se peut qu’il y ait des petits ratés, des échecs, mais cela sert de tests et permet de réajuster."


Ai-je vraiment envie ? Ou le prix à payer est-il trop gros ?

Les questions à se poser sont effectivement :

Quelle est l’intention positive derrière le comportement à changer ? Y a-t-il une vraie plus-value pour moi à changer ce comportement ou à adopter cette qualité ? En avons-nous vraiment envie ?

Et à l’inverse : quel est le prix à payer ?

Reprenons l’exemple de Michelle Obama qui à 6h du matin, a déjà fait mille choses, qui avait fait des études brillantes et qui à 40 ans, était à la Maison Blanche.

Avons-nous pour autant vraiment envie de nous lever à 4h du matin ? Est-ce notre truc ? Ou le prix à payer est-il trop élevé, pour nous qui avons besoin de nos heures de sommeil ?

On peut alors réfléchir à d’autres choses à mettre en place.

"Si méditer vous apporte énormément, mais que vous ne voulez pas vous lever tôt pour pratiquer, ce n’est pas grave, vous le faites à un autre moment de la journée."
 

N’oublions pas que quand nous étions enfants, nous avons beaucoup fonctionné sur ces modèles. C’est en voyant les grands marcher autour de nous, que nous avons eu envie de nous lever et de nous mettre à marcher. Et on sait qu’un enfant tombe environ 2000 fois avant d’y arriver...

"Bref, inspirez-vous des gens autour de nous, des qualités que vous avez envie d’adopter ; au final ça reste quelque chose qui vous appartient."

C’est le conseil de Magali Mertens, qui cite encore Steve Jobs : "Ayez le courage de suivre votre coeur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire."

 

Retrouvez Magali Mertens sur son blog www.magalimertens.com  et ici, dans Tendances Première

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