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Slovénie : qui est Robert Golob, cet outsider vainqueur des élections ?

Robert Golob

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24 avr. 2022 à 12:13 - mise à jour 24 avr. 2022 à 18:51Temps de lecture2 min
Par Myriam Baele

Janez Janša, Premier ministre slovène sortant, a plus d’un kilomètre au compteur : un long parcours politique tumultueux entre pouvoir, accusations de corruption, case prison, annulation de sa condamnation, puis retour au pouvoir en mars 2020. On connaît sa popularité née de son rôle de dissident à la fin de la Yougoslavie. Ses idées politiques de droite ultra-conservatrice. Sa proximité avec son homologue hongrois Victor Orban et les "méthodes Orban". Ses pressions sur la société civile, la justice et sur la presse ces dernières années, qui lui ont valu des remontrances européennes. Ses tweets effrénés parfois incendiaires. La division des Slovènes face à sa poigne.

Mais qui connaît Robert Golob, l’outsider ?

Le soir des élections législatives en Slovénie, ce dimanche 24 avril, le "Mouvement de la liberté", a rassemblé 34,5% des voix, largement au-dessus du SDS (Parti démocratique slovène) du Premier ministre sortant Janez Janša, 23,6%. Et son nom, absent de la scène politique il y a quelques mois encore, est cité comme futur Premier ministre.

Qui est Robert Golob ?

Sur ses affiches de campagne, il affiche un léger sourire et les boucles grises de ses 55 ans. Peu connu il y a encore quelques mois, Robert Golob s’est forgé, à grande vitesse au fil de la campagne, un nom et une image : celle du candidat qui peut surplomber une opposition disparate, déloger le Premier ministre sortant Janez Jansa et amorcer un virage politique plus à gauche, vert et proeuropéen.

Sur les affiches électorales de Robert Golob, le mot "Svobo", liberté.
Sur les affiches électorales de Robert Golob, le mot "Svobo", liberté. AFP

Robert Golob est originaire de Nova Gorica, à la frontière avec l’Italie. Ingénieur de formation, il avait effectué un premier passage éclair en politique, il y a plus de 20 ans, comme Secrétaire d'Etat en charge de l’énergie, de mai 1999 à juin 2000. Mais il avait rapidement rejoint le monde de l’entreprise et fort de son expertise en énergie solaire, il avait pris la tête de la compagnie d’électricité GEN-I qui détenait le monopole du marché de l’électricité. Compagnie revendue ensuite à l’Etat.

Il en a été écarté l’an dernier et a alors amorcé son arrivée dans le jeu politique. Il avait précédemment milité pour un parti libéral de centre gauche. Mais cette fois, l’ex-grand patron au salaire parmi les plus élevés du pays s’est tourné vers un petit parti vert, Z.Dej. Il en a pris la tête. Il l’a rebaptisé "mouvement de la liberté" ("Gibanje Svoboda" ou GS) et l’a hissé dans les sondages, sous les regards des quatre partis d’opposition de gauche et du centre qui s’étaient coalisés cet automne (la "coalition de l’arc constitutionnel") pour peser plus lourd dans ce scrutin, face à la droite conservatrice de Janez Janša.

La bataille de l’image

Quel homme politique sera Robert Golob ? Son programme, selon son expression "ni de gauche ni de droite", est proeuropéen et fait la part belle à la transition écologique, aux énergies renouvelables, mais il a davantage mené campagne sur les dérives autoritaires de son prédécesseur, se forgeant un profil d'"homme providentiel" prêt à ranimer une démocratie en délitement.

Le Premier ministre slovène sortant, Janez Jansa (à droite) pose aux côtés du dirigeant Hongrois Victor Orban dont il s’inspire.
Le Premier ministre slovène sortant, Janez Jansa (à droite) pose aux côtés du dirigeant Hongrois Victor Orban dont il s’inspire. AFP

Pour conforter cette image de personnalité hors de la mêlée, Robert Golob a dosé soigneusement ses apparitions et travaillé en détail sa gestuelle, son discours.

Une combinaison qui a porté ses fruits.  

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