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Sommet de l'Otan : les pays membres équipés contre une possible attaque nucléaire ou chimique

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24 mars 2022 à 14:57 - mise à jour 24 mars 2022 à 16:07Temps de lecture2 min
Par Belga

Les groupements militaires de l'Otan stationnés sur le flanc oriental de l'Alliance ont été équipés contre une possible attaque nucléaire, chimique ou biologique venant de la Russie, a annoncé jeudi le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Le ministère russe de la Défense a déclaré il y a plusieurs jours avoir saisi des documents de combat d'une brigade ukrainienne, notamment une carte montrant les sites d'un développement d'armes chimiques. Des accusations qualifiées d'"absolument fausses" et balayées par le chef de l'Otan, qui y voit "un prétexte" pour que les Russes puissent eux-mêmes utiliser des armes chimiques.

Si la Russie fait usage d'armes chimiques, cela pourrait avoir des conséquences extrêmement graves.

"Si la Russie fait usage d'armes chimiques, cela pourrait avoir des conséquences extrêmement graves. Celles-ci pourraient s'étendre à des pays alliés. Toute utilisation d'armes chimiques changerait fondamentalement la nature du conflit" et "serait une violation flagrante du droit international", a indiqué M. Stoltenberg.

L'Otan dispose d'un bataillon de défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN). Il s'agit d'une force multinationale à haut niveau de préparation qui fournit aux missions de l'Alliance et aux forces interarmées déployées de l'Otan une capacité nucléaire, biologique et chimique (NBC) crédible.

Renforcement de la défense commune

Les 30 pays alliés ont également convenu de renforcer encore la défense et la dissuasion sur le flanc de l'Est, comme ils l'avaient annoncé. Quatre nouveaux groupements tactiques seront déployés sur le flanc oriental. L'Otan va donc renforcer sa présence "de la mer Baltique jusqu'à la mer Noire", a déclaré le secrétaire général M. Stoltenberg.

Le secrétaire général de l'organisation de défense a souligné que les conditions de sécurité en Europe avaient drastiquement changé en raison de l'invasion de l'Ukraine par la Russie et qu'il était donc nécessaire de "réinitialiser" la stratégie de défense et de dissuasion sur le flanc oriental de l'Alliance transatlantique.

Actuellement, l'organisation de défense dispose déjà de groupements tactiques dans les États baltes et en Pologne, les quatre nouveaux groupements seront stationnés en Bulgarie, en Hongrie, en Roumanie, ainsi qu'en Slovaquie.

Aides à l'Ukraine mais pas d'intervention

Les États membres de l'Otan ont également décidé d'accroître leur soutien à l'Ukraine, "afin qu'elle puisse conserver son droit fondamental à sa souveraineté". "Nous sommes déterminés à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider l'Ukraine", a déclaré M. Stoltenberg. Il s'agira d'équipements militaires.

Le chef de l'Otan a rappelé une fois de plus qu'aucune intervention de ses troupes n'aurait lieu en Ukraine. "Nous avons la responsabilité de veiller à ce que le conflit ne s'aggrave pas davantage", a déclaré le chef de l'Alliance. "Cela ne ferait qu'exacerber la situation", selon lui.

De nombreux pays membres se sont engagés à garantir un apport supplémentaire dans leurs dépenses de défense qu'ils ont entamé depuis 2014, selon M. Stoltenberg.

Les alliés se sont également engagés à diversifier les sources énergétiques et à réduire leur dépendance à la Russie dans ce domaine. "Cette question sera abordée lors du G7", d'après M. Stoltenberg.

"Nous pourrons communiquer davantage de détails lors du sommet de l'Otan à Madrid", a-t-il conclu.

 

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