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Sophie Fontanel mise à nu dans sa « Capitale de la douceur »

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17 déc. 2021 à 07:00Temps de lecture3 min
Par Sous Couverture

Sophie Fontanel est la dernière invitée de cette année 2021. Thierry Bellefroid et Lucile Poulain, nous font découvrir cette autrice tout en douceur…

En 1926, Paul Eluard publie " Capitale de la douleur ", Sophie Fontanel a grandi avec ce livre, " Il était chez nous au milieu de nombreux livres de poésie. La poésie était importante et ce livre particulièrement. Ce titre me fascinait comme s’il y avait un endroit qui pouvait faire peur. Alors que cela raconte bien d’autres choses. " D’ailleurs c’est en vers et sans point que s’exprime Sophie Fontanel dans sa capitale de la douceur. Une capitale qui se situe sur une petite île de la Méditerranée, l’Île du Levant. Lors de sa visite, ce fut une évidence qu’elle se situait sur une terre de douceur. Et pourtant cette parcelle au milieu de la Méditerranée à deux particularités. La première, elle appartient à 95% à l’armée française qui l’utilise pour ses tirs de missiles. Et la seconde est un arrêté préfectoral qui permet de vivre nu sur les 5% restants. Une contradiction fascinante dont Sophie Fontanel n’avait pas conscience lors de son arrivée. Sa visite commence sur la partie naturiste : " qui est encore dans son jus. Comme une rivera de rêve avec des petits cabanons et des allées. " C’est d’ailleurs pour cela qu’elle a appelé cette île : la capitale de la douceur. Puis on lui a montré les barbelés, là où l’armée française teste 300 missiles par an. Pour Sophie Fontanel, " cet endroit, c’est notre monde. Nous sommes cernés par la violence. En tout cas, la capacité d’être violent. Et puis, il y a ces 5% de douceur. D’ailleurs un ami m’a dit : ça suffit peut-être ces 5% de douceur. Il n’a pas tort, mais il ne faut pas que ça rétrécisse. Et c’est ce qui nous arrive, on n’en entend plus parler de la douceur. " À travers ce livre, Sophie Fontanel, nous narre à la première personne son expérience sur cette île de la douceur. Elle s’est mis à nu au sens propre, comme au figuré. Elle revient en douceur, sur les violences qu’elle a subies, entre autres un viol à l’âge de 15, 16 ans. Elle parle aussi de ce père parti à la guerre, pourtant profondément non-violent. Et si la réponse fasse à la violence, c’est tout simplement la douceur…

Poser nue, 95% de douceur et 5% de violence

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Pour parler de son livre, Sophie Fontanel a posé nue pour la une du magazine féminin : Elle. Afin d’ouvrir le débat et faire comprendre aux lecteurs, ce que ça veut dire être nu. Selon l’autrice : " ce qui est intéressant, c’est que je parle de l’île du Levant, où il y a 5% de douceur et 95% de possibilité de violence. Mais en fait, j’ai eu 95% do commentaires complètement élogieux dans le monde entier. Et puis, il y a 5% de réactions violentes. " Elle n’a pas prêté attention à ces commentaires. Sauf l’un d’entre eux, car elle s’intéresse à cette question : pourquoi y a-t-il, encore, de la violence vis-à-vis du corps des femmes ? Elle a donc publié le commentaire sur son compte Instagram, en cachant le nom de l’internaute, car elle est non violente. Mais en lui répondant avec un enregistrement sonore dans lequel, elle lit les premières lignes de son nouveau roman. Les internautes ont été des centaines à commenter sa publication : " ils ont dit, mais il est complètement fou, parce que ce n’est pas possible d’attaquer les corps des femmes qui vieillissent ! ".

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Une influenceuse sans le vouloir

Sophie Fontanel est suivie par plus de 265.000 personnes sur son compte Instagram, elle milite contre le jeunisme et les diktats imposés aux femmes. Il y a quelques années, elle a décidé d’arrêter de se teindre les cheveux et de devenir " blande ", elle a laissé blanchir ses cheveux naturellement. Car elle ne pouvait plus se voir en peinture. Cette phrase a inspiré de nombreuses femmes et d’hommes. Une décision qu’elle vit très bien : " j’ai mis de la lumière sur mon visage, alors que c’était tout charbonneux par la teinture. Je m’adressais à ces femmes qui étaient tentées de laisser leurs cheveux naturels et qui se disaient ce n’est pas possible. Si c’est possible, on peut le faire. " Elle est devenue une influenceuse sans le vouloir et une influenceuse de mode sans être une fashion victim. " Ce que j’essaye de montrer, c’est que les vêtements nous sont d’une grande aide et qu’un style vestimentaire n’est pas forcément quelque chose qui coûte cher. J’essaye de montrer que ces habits sont un langage. Moi qui écris sur la nudité, j’ai cherché mon identité dans les vêtements. "

Des écrits que vous pouvez savourer dans “Capitale de la douceur”, éd. Seghers et une interview complète à découvrir ici.

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