Soudan : tirs de lacrymogènes sur des manifestants anti-putsch, une personne décédée

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09 janv. 2022 à 16:43 - mise à jour 09 janv. 2022 à 17:50Temps de lecture3 min
Par AFP

Un manifestant soudanais a été tué dimanche lors de manifestations contre l'armée au pouvoir, onze semaines après le coup d'Etat militaire, ont rapporté des médecins proches du mouvement de contestation.

Un jeune homme de 26 ans est décédé après avoir reçu "une bombe lacrymogène sur le cou" lancée par les forces de sécurité alors qu'il manifestait contre le putsch, a indiqué dans un communiqué le Comité des médecins soudanais. Ce décès porte à 62 le nombre de morts parmi les manifestants depuis le coup d'Etat du 25 octobre.

Les forces de sécurité soudanaises ont tiré du gaz lacrymogène dimanche sur des milliers de manifestants à Khartoum et dans d'autres villes du Soudan lors de nouveaux rassemblements contre l'armée au pouvoir.

Le 25 octobre, le coup d'Etat du chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, a mis fin à la transition vers un pouvoir entièrement civil au Soudan, près de deux ans après la chute d'Omar el-Béchir, dictateur qui était au pouvoir depuis trois décennies.

Des milliers de manifestants se sont à nouveau rassemblés dimanche dans la capitale pour protester contre le coup d'Etat, selon des témoins.


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D'autres sont aussi sortis dans les rues d'Omdourman et de Bahri, les banlieues nord-ouest et nord de Khartoum, ainsi qu'à Wad Madani, au sud de la capitale, d'après les mêmes sources. 

Les forces de sécurité ont tenté de disperser les manifestants avec des tirs de lacrymogènes dans le centre de Khartoum et à Bahri, comme ils l'avaient déjà fait lors d'autres rassemblements anti-putsch.

"Non, non au régime militaire", ont scandé les manifestants en agitant les drapeaux soudanais.

Les médecins manifestent

"Nous ne voulons pas moins qu'un gouvernement complètement civil", a déclaré Ammar Hamed, 27 ans, un manifestant à Khartoum.

Des médecins en blouse blanche ont été vus dimanche se joindre à des rassemblements pour protester contre les forces de sécurité qui ont pris d'assaut des hôpitaux et des installations médicales lors de précédentes manifestations.

Samedi, le Comité central des médecins soudanais, affilié au mouvement de protestation, avait déclaré que les médecins se joindraient aux marches et remettraient un mémorandum aux responsables de l'ONU, dénonçant de récentes "agressions commises par les forces du coup d'État" contre des installations médicales.

La semaine dernière, le Premier ministre et visage civil de la transition, Abdallah Hamdok, avait démissionné à l'issue d'une journée de manifestations meurtrière. Il avait été réinstallé dans ses fonctions le 21 novembre après avoir été limogé avec son gouvernement lors du coup d'Etat.

Depuis la semaine dernière, les militaires sont seuls aux commandes. Le général Burhane, qui a prolongé de deux ans son mandat à la tête du pays, promet des élections pour juillet 2023. Mais ses promesses sont loin de calmer la rue.

Pourparlers de l'ONU

Samedi, l'émissaire de l'ONU au Soudan Volker Perthes a annoncé qu'il allait organiser des pourparlers avec "tous les acteurs clés civils et militaires" pour tenter de résoudre la crise. 

"Il est temps de mettre fin à la violence et d'entrer dans un processus constructif", a-t-il indiqué à propos de ces discussions, qui doivent être officiellement lancées lundi lors d'une conférence de presse.

Les Forces de la liberté et du changement (FLC), fer de lance de la révolte qui a entraîné l'éviction de Béchir en 2019, ont indiqué n'avoir reçu "aucun détail" de la part de l'ONU sur ces pourparlers. 

Dimanche, l'Association des professionnels soudanais, qui a également joué un rôle déterminant dans les manifestations anti-Béchir, a déclaré elle qu'elle "rejetait complètement" de tels pourparlers. 

"Le moyen de résoudre la crise soudanaise commence par le renversement complet du conseil militaire putschiste", a indiqué l'Association dans un communiqué. 

Soudan : tirs de gaz lacrymogènes lors d'une manifestation anti-putsch à Khartoum-Nord (31/12)

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