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Sri Lanka : un nouveau président élu, face à la colère du peuple et la pire crise économique du pays

Ranil Wickremesinghe est le nouveau président du Sri Lankaplongée dans une crise historique. Une partie de la population souhaite fuir le pays, craignant qu’il poursuive la même lignée que son prédécesseur, Gotabaya Rajapaksa.

Ranil Wickremesinghe, 73 ans, a été six fois Premier ministre. Ce jeudi, il a prêté serment pour la huitième fois en tant que président exécutif. Il était déjà président par intérim depuis la fuite de Gotabaya Rajapaksa.

Le parti au pouvoir a montré son soutien pour Ranil Wickremesinghe comme candidat à la présidence. Un élement fondamental au Sri Lanka, où il faut recevoir l’appui du parlement pour être élu chef de l’État. 

La lutte continue

Ranil Wickremesinghe est honni également par le mouvement contestataire qui le considère comme un allié et protecteur de Gotabaya Rajapaksa. Les contestataires réclament son départ autant que celui de son prédécesseur.

Gotabaya Rajapaksa avait été contraint à démissionner la semaine dernière par une vague de manifestations contre son pouvoir. L’ancien président avait fui samedi 9 juillet sa résidence, prise d’assaut par des manifestants. Ceux-ci lui ont reproché sa mauvaise gestion du pays. Il est le premier chef de l’État à démissionner depuis que le Sri Lanka a opté pour un régime présidentiel en 1978.

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Les manifestants ont promis de poursuivre leurs actions, malgré la fatigue cumulée par quatre mois de contestation. Après son élection, M. Wickremesinghe a mis en garde "les fauteurs de troubles" recourant à des moyens antidémocratiques. Il a promis de faire preuve de sévérité s’ils tentaient de perturber son gouvernement. "Si on essaye de renverser le gouvernement, d’occuper le bureau du président et celui du Premier ministre, il ne s’agit pas de démocratie, et nous traiterons ceux-là avec fermeté", a déclaré Ranil Wickremesingh.

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La répression augmente

En vertu de la Constitution sri-lankaise, le président est également ministre de la Défense et commandant des forces armées. Lors de son mandat par intérim, il n’avait pas hésité à prolonger l’état d’urgence, qui confère à la police et aux forces de sécurité des pouvoirs étendus.

Si on essaye de renverser le gouvernement, d’occuper le bureau du président et celui du Premier ministre, il ne s’agit pas de démocratie, et nous traiterons ceux-là avec fermeté.

Ranil Wickremesinghe chargé de nommer ses ministres

Selon des sources officielles, le nouveau chef de l’État devrait former un gouvernement fort de 30 ministres au maximum. Sa mission consistera à sortir le pays de la pire crise économique de son histoire. À présent, il est en quête d’un Premier ministre pour former un gouvernement.

Il pourrait nommer à ce poste Dinesh Gunawardena, un ex-ministre de la Fonction publique. Les deux se connaissent depuis l’âge de trois ans et ont étudié ensemble au prestigieux Royal College de Colombo. À la tête d’un petit parti nationaliste allié au SLPP, le parti des Rajapaksa, il est un fervent partisan de l’ancien président. Deux autres noms sont néanmoins sur la liste.

"En tant qu’opposition, nous apporterons notre soutien constructif aux efforts visant à atténuer la souffrance humaine", a tweeté M. Premadasa.

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Un défi grand comme le Sri Lanka

Le Sri Lanka traverse la plus grave crise économique de son histoire. Depuis des mois, le pays de 22 millions d’habitants subit des coupures d’électricité et des pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments.

51 milliards de dollars

C’est la dette étrangère du Sri Lanka en avril

L’île survit désormais par un plan de sauvetage du Fonds monétaire international (FMI). Il n’a plus de devises pour financer ses importations essentielles.

Nombreux sont les civils qui s’apprêtent à fuir le pays. Ils n’attendent que la livraison de leur passeport pour embarquer sur le premier avion.

Le mandat du nouveau président continuera jusqu’à la fin de celui de M. Rajapaksa, qui se termine en novembre 2024.

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