Guerre en Ukraine

Stand with Ukraine : plusieurs milliers de personnes ont marché dans Bruxelles en soutien avec l'Ukraine

06 mars 2022 à 11:50 - mise à jour 06 mars 2022 à 17:13Temps de lecture5 min
Par Lavinia Rotili , Anne Pollard et Laurick Ayoub avec agences

Environ 5.000 personnes selon de la police de Bruxelles-Ixelles, 8.000 selon les organisateurs, ont manifesté en soutien avec l'Ukraine ce dimanche à Bruxelles. Marta Barandiy, l'une des fondatrices de Promote Ukraine, espérait rassembler 20.000 personnes ce dimanche. De manière parallèle, l'organisation a lancé un appel aux dons via son site internet et son compte Facebook. 

L'organisme Promote Ukraine était derrière son organisation. Le rassemblement a commencé vers 13 heures sur le boulevard roi Albert II. Les manifestants et manifestantes se sont mis en mouvement vers 14h00 en direction de la place Jean Rey. 

Des slogans sur des pancartes comme "Stop à la guerre", "Europe, sois courageuse, agis maintenant" ou "Fermez le ciel" ressortaient de la foule, colorée par des drapeaux ukrainiens et d'autres de pays d'Europe de l'Est. Des personnes portaient des fleurs jaunes entourées de rubans bleus.

"Russes, rentrez chez vous !", a scandé la foule. "Soutenez l'Ukraine par tous les moyens possibles", a plaidé Yana Brovdiy, une des organisatrices, membre de l'organisme Promote Ukraine. "Les Ukrainiens ne veulent pas devenir des réfugiés en Europe. Ils veulent se défendre et garder leur pays."  

De nombreux ressortissants ukrainiens étaient présents, parmi lesquels Maria 38 ans. "Notre principale demande est de fermer le ciel. Mes parents qui sont pensionnés travaillaient dans une centrale nucléaire au sud (Konstantinovka). Ils vivent toujours à proximité et mon père qui est malade ne peut pas quitter le pays. On craint actuellement le même type d'attaque qu'il y a eu contre la centrale de Zaporijjia. C'est fou... Je suis sûre que si on ferme le ciel, la guerre pourrait rapidement prendre fin", a-t-elle espéré.  

Des Belges comptaient aussi parmi la foule cosmopolite. "Voir ces gens qui perdent tout, ces maisons de village rasées pour rien, c'est insoutenable... ", a partagé Pierre Demaret, un ancien recteur de l'Université libre de Bruxelles (ULB). "Je n'étais plus venu manifester depuis très longtemps. À 18 ans, j'avais fait des manifestations contre la guerre au Vietnam. Cela fait remonter beaucoup de choses pour notre génération dorée. Pour la première fois dans l'histoire de l'Europe, on approchait d'un siècle sans guerre. On est dans un moment de bascule", a-t-il estimé. "Toute l'Europe va se réarmer. (...) Poutine apparaît isolé et s'est isolé de plus en plus lui-même, mais le risque d'effet boule de neige est important", a-t-il craint. 

Selon nos journalistes RTBF sur place, les manifestants sont à la fois d'origine ukrainienne et belge.

"Je suis venu aujourd'hui en signe de solidarité avec l'ensemble de ces personnes d'origine ukrainienne, parce que je connais des gens qui sont à Kiev en ce moment, sous les bombes et qu'on ne fait rien pour les aider. L'Ukraine est un pays ami et allié, et c'est indispensable d'être là aujourd'hui", témoignait Lucas, Bruxellois, dans notre JT. 

Manifestation contre la guerre en Ukraine à Bruxelles le 6 mars

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Un des rassemblement annulé

L'un des deux rassemblements prévus pour ce dimanche après-midi a été finalement annulé. Cette deuxième marche pour la paix devait démarrer sur le Square des Héros pour rejoindre l'ambassade de Russie, Avenue de Fré, après 15h30. Lors de cette manifestation, les organisateurs voulaient interpeller les diplomates "à coup de slogans" et "encourageront le peuple de Russie à tenir tête à son président".

Björn Becker, l'organisateur, a ainsi expliqué l'annulation de l'événement sur Facebook : "J'ai le regret de vous annoncer que je dois annuler la manifestation prévue demain après-midi. A ce stade de la planification, je ne suis pas en mesure de garantir un déroulement sans heurts. Je n'ai pas été en mesure d'obtenir plus de participants, de contacter les médias, de coordonner avec l'ambassade d'Ukraine ni de préparer des flyers."

Il a tout de même rappelé qu'une autre manifestation est déjà prévue pour demain à la Gare du Nord.

Des manifestations ont eu lieu ce samedi

Ce samedi 5 mars, une autre manifestation de soutien au peuple ukrainien avait eu lieu vers 11 h sur la place de l'Albertine à Bruxelles, à l'initiative du mouvement "Together 4 Freedom". Selon les estimations de la police de Bruxelles-Ixelles, une cinquantaine de personnes étaient présentes. Elles représentaient de différentes communautés et pays. 

La chanson caritative "We are the world" a été diffusée tandis que le slogan phare "Putin to Hague" (Poutine à La Haye) appelait à traduire le président russe Vladimir Poutine devant la Cour pénale internationale pour crime de guerre.

Le slogan "Act now, Protect our sky" (Agissez maintenant, protégez notre ciel) était aussi repris sur des pancartes, alors que l'Otan a décidé vendredi de ne pas instaurer de zone d'exclusion aérienne en Ukraine. "On comprend que l'Otan ne peut pas agir directement, mais on voudrait que des pays comme la France ou la Turquie agissent à leur hauteur et ferment le ciel ukrainien, au moins au-dessus des centrales nucléaires", plaide Marta Barandiy, une des fondatrices de Promote Ukraine.  

Les manifestations dans le monde

Ce samedi, des milliers de manifestants se sont rassemblés aux quatre coins du monde pour montrer leur soutien aux Ukrainiens et dénoncer les attaques russes. 

A Zürich, la ville la plus peuplée de Suisse, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté sous le slogan "La paix maintenant", à l'appel notamment de syndicats et partis de gauche. Ils étaient, selon les organisateurs, plus de 40.000 personnes. La police n'a pas donné de chiffres.

A Rome, c'est un vaste "cortège de la paix" qui a réuni des milliers de personnes à l'appel de plusieurs syndicats et de nombreuses ONG. "Aucune base, aucun soldat, l'Italie hors de l'Otan", ont scandé les pacifistes dans ce cortège précédé par un grand drapeau aux couleurs de l'arc-en-ciel. De nombreuses pancartes proclamaient aussi "Non à Poutine, non à l'Otan". L'Italie a décidé d'envoyer des armes à l'Ukraine mais n'a pas dévoilé le détail de ces fournitures militaires.

En France, le ministère de l'Intérieur a recensé plus de 41.000 manifestants dans plusieurs villes. A Paris, 16.000 personnes sont descendues dans la rue. "On sera là chaque week-end, à Paris ou ailleurs, jusqu'à ce que M. Poutine parte, retire ses chars", a indiqué à l'AFP Aline Le Bail-Kremer, membre de Stand With Ukraine, une des organisations à l'initiative du rassemblement dans la capitale française.
 

A New York, quelques milliers de personnes se sont retrouvées à Times Square avec des tournesols, emblèmes de l'Ukraine, et des pancartes appelant à "arrêter le terrorisme russe".

A la tribune, plusieurs voix ont réclamé, comme le président Volodymyr Zelensky, la création d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de l'Ukraine, ce que l'Otan refuse par peur de déclencher un conflit direct avec la Russie.

A Londres, une foule de plusieurs centaines de personnes s'est rassemblée à Trafalgar Square, en brandissant des pancartes avec des inscriptions comme "Poutine tue" et "Embargo total contre la Russie".

A Zagreb, plus d'un millier de personnes se sont rassemblées pour soutenir l'Ukraine, brandissant des pancartes où l'on pouvait lire "Stop à la guerre, Sauvez l'Europe" et "Gloire à l'Ukraine". De nombreux manifestants s'étaient enroulés dans le drapeau ukrainien.

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