Football

Standard, la position de Montanier n’est plus tenable

L’avenir de Philippe Montanier sera-t-il encore longtemps au Standard ?

© BELGA PHOTO VIRGINIE LEFOUR

21 déc. 2020 à 09:39Temps de lecture3 min
Par Thierry Luthers

 Aucune victoire en championnat entre Toussaint et Noël, le bilan comptable du coach français n'est plus défendable. 

Hier soir à Sclessin, le président Bruno Venanzi le conseiller sportif Michel Preud’homme et le directeur sportif Benjamin Nicaise se sont retrouvés dans une loge pour y vivre la seconde période de Standard-Mouscron. Et ils ont assisté, impuissants, à un nouveau revers de leur équipe. 7 matchs sans victoire (1-0 contre Ostende le 1er novembre dernier), 4 points sur 21, une neuvième place et moins de la moitié de points pris en championnat : le bilan comptable de Philippe Montanier n’est plus tenable. Le groupe a beau être derrière lui, il a besoin d’un électrochoc. A moins que la direction n’attende le match de samedi contre Saint-Trond avant de prendre une décision radicale quant à l’avenir du coach français en bord de Meuse. Même si ce dernier martèle toujours que " son cas personnel ne compte pas… "

Le problème, c’est qu’il y a les chiffres mais il y a aussi la manière. Le Standard a inscrit 21 buts en 18 rencontres. Seul Eupen (qui compte trois matchs de moins), Mouscron et Saint-Trond ont fait moins bien. Hier encore, l’entraîneur a stigmatisé le manque d’efficacité offensive de son équipe Mais n’est-ce pas précisément le rôle d’un coach de répéter les phases offensives à l’entraînement et de redonner la confiance à ses attaquants ? Pour le reste, pas d’envolées ou de folie dans le jeu, peu de " grinta ", les joueurs donnent même parfois l’impression de s’ennuyer sur le terrain. En tout cas des joueurs sérieusement émoussés physiquement et mentalement avec la cadence infernale des rencontres ces dernières semaines.

Jusqu’à présent, le jeu de Montanier était surtout défensif. Basé sur une bonne organisation Mais aussi souvent avec une défense à 5 et un entre jeu à 2 éléments, parfois débordé par ligne médiane adverse. Sans oublier des rotations offensives permanentes. Entre terrain, banc et tribune, Oulare et Avenatti n’ont pas engrangé beaucoup de confiance ces dernières semaines. Et ne parlons même pas du cas Mehdi Carcela qui, depuis le départ, n’entre pas en ligne de compte dans les choix tactiques de l’ancien mentor de Lens.

Quelles solutions pour le remplacer ?

Lens, parlons-en précisément. Le 25 février dernier, Montanier avait été viré après une série d’une seule victoire en 8 matchs. Comme aujourd’hui. Les " Nordistes " occupaient encore la deuxième place du tableau. Mais la direction lensoise avait décidé de se séparer de son entraîneur qui ne trouvait plus les solutions à la crise. Une similitude assez troublante avec les événements actuels. Montanier a encore quelques mois de contrat jusqu’au terme de la saison. Rappelons qu’il aurait été prolongé automatiquement d’un an en cas de participation aux P01 ou à une compétition européenne. Si le Standard le vire, il devra aussi payer le préavis de son adjoint Michael Debève. Quand on connaît les problèmes financiers actuels du matricule 16, quelle est la réelle marge de manœuvre pour trouver l’homme providentiel ? Tous les regards se tournent naturellement vers Michel Preud’homme. L’homme est toujours employé du club, il connaît le groupe par cœur (c’est le même que la saison dernière) et possède l’ADN " rouge et blanc ". En août 2006, il était redescendu de son poste de directeur technique pour relayer Johan Boskamp, rapidement remercié à l’époque par Lucien d’Onofrio. Mais, à presque 62 ans, MPH a-t-il encore le feu sacré pour entraîner chaque jour et coacher en bord de terrain ? Pas sûr ! A-t-il encore envie et l’énergie nécessaire ? Pas certain. Certes le Standard n’est qu’à quatre points de la quatrième place mais la suite de la saison s’annonce difficile. Qu’aurait Preud’homme à gagner dans cette aventure ? Ou alors dans un rôle plus en retrait ? Sorte de manager à l’anglaise avec un super T2 à ses côtés ? La mission qui était naguère assignée à M’Baye Leye, qui est dispo et rêve d’entraîner un jour le Standard.

Reste enfin la solution d’un nouveau coach. Montanier était clairement le choix du binôme Nicaise-Grosjean, adoubé par Bruno Venanzi. Lequel rêvait d’un entraîneur francophone pour son club. Preud’homme penchait plutôt pour le Danois Brain Priske, en poste à Midtjylland.

Un mot enfin sur les supporters qui assistent, forcément de loin, aux événements. Pour une poignée d’entre eux, l’entrevue avec Montanier a été assez houleuse l’autre jour au centre d’entraînement. Le lien semble cassé. Dans cette saison atypique, l’absence de public est une arme à double tranchant. C’est un vrai problème de ne pas avoir vos supporters pour vous encourager dans le stade quand un match tourne mal. Ou pour vous transporter dans vos moments forts. Mais leur absence enlève aussi des huées, des banderoles et des coups de sifflet qui remettraient encore plus de pression sur la direction. De manière plus tangible que des commentaires sur les réseaux sociaux….

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