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Standard de Liège

Standard, les raisons du fiasco monumental contre Ostende

Nicolas Gavory, défenseur du Standard.
02 mai 2021 à 09:35Temps de lecture3 min
Par Antoine Hick

En s’inclinant (très) lourdement à Ostende samedi (6-2), le Standard a perdu bien plus que trois points. Il a cédé une 2e fois après la frustrante défaite en Coupe contre Genk, déjà perdu du terrain dans ces play-offs 2 mais surtout donné une impression visuelle catastrophique faite d’impuissance et de désarroi. Comment les Liégeois en sont-ils arrivés là ? Tentative de décryptage.

1. Des leaders sans voix

Alors qu’il doit faire avec un noyau plutôt étriqué depuis le début de saison, le Standard doit souvent compter sur ses leaders. Ces joueurs d’expérience (ou pas) qui guident leurs coéquipiers, prennent leurs responsabilités dans les moments chauds et endossent le rôle de relais de l’entraîneur sur le terrain.

Mais face à Ostende, ces mêmes leaders se sont loupés dans les grandes largeurs. Bodart, plusieurs fois sorti à contre-temps, a paru moins impérial qu’à l’accoutumée. Laifis, aux fraises sur trois des six buts, a vécu une soirée cauchemardesque. Raskin, malgré son éternelle combativité, a été noyé par les assauts offensifs des Ostendais. Amallah a raté une occasion trois étoiles à un moment où le Standard aurait pu faire pencher la partie. Et Carcela, en plus de s’être blessé, a été exclu pour une vilaine semelle.

Bref face aux Côtiers, ce sont les leaders rouches qui ont pris l’eau. Et sans sa colonne vertébrale, difficile pour le fébrile squelette liégeois de tenir debout.

Raskin désemparé après la défaite du Standard contre Ostende.
Raskin désemparé après la défaite du Standard contre Ostende. Belga

2. Une défense sans défense

Un être vous manque et tout est dépeuplé. Une citation d’Alphonse Lamartine qui illustre tristement ce Standard actuel. Orpheline de Zinho Vanheusden depuis un bon bout de temps mais surtout du précieux et terriblement sous-estimé Merveille Bokadi depuis la fin de la phase classique, la défense liégeoise tire la langue.

Aligné vaille que vaille par un Mbaye Leye en cruel manque de solutions, le tandem Dussenne-Laifis n’a jamais rassuré. Jeté aux oubliettes depuis fin février, Dussenne a même semblé rouillé, en manque de rythme et d’automatismes avec son comparse d’un soir, Laifis. Un Chypriote, pourtant catalogué comme assurance tous risques liégeoise dans le passé, coupable sur trois des six buts et inexplicablement resté à l’avant sur le premier goal ostendais, laissant Raskin dans cette position ingrate (et inhabituelle) de dernier homme.

Aux côtés de ce binôme d’infortune, un Collins Fai titulaire pour la 1e fois depuis… fin décembre et qui a globalement semblé dépassé par les coups de reins incessants de l’infatigable Nsakala.

Et sur le banc ? Nathan Ngoy, 17 ans, Allan Delferriere, 19 ans, et un Damjan Pavlovic qui n’a quasiment plus droit au chapitre depuis l’arrivée de Leye. Difficile donc pour le coach sénégalais de bricoler.

3. Un Ostende qui a la cote

Ostende se régale face au Standard.

Mais le mérite de cette victoire en revient aussi à Ostende, qui a donné une leçon d’efficacité aux Liégeois. 8 tirs cadrés, 6 buts (+2 goals annulés) voici les statistiques offensives des Côtiers lors de cette rencontre. Et si elles illustrent la fébrilité défensive des Rouches, elles prouvent également qu’Ostende a su se montrer diablement inspiré dans les moments importants. Trouvant la faille trois fois avant la mi-temps, les Côtiers ont laissé passer l’orage liégeois avant de planter un 4e but après l’heure de jeu pour définitivement assommer des Rouches réduits à dix.

Tir de loin, enchainement dans la surface, tête sur coup-franc, Ostende (et ses six buteurs différents) a profité des errances liégeoises pour répéter ses gammes dans un concerto collectif et parfaitement bien rodé. Et dire que le KVO n’était que la 11e meilleure attaque de la phase régulière…

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