Dans l'air du temps

Starmania, le retour d’un opéra rock prophétique

1979 : Michel Berger, Luc Plamondon et les chanteurs de Starmania, l’Opéra Rock

© PICOT/Gamma-Rapho via Getty Images

08 nov. 2022 à 10:03Temps de lecture2 min
Par Réal Siellez

Ce 8 novembre, la première de Starmania version 2022 va début à Paris. Réal Siellez vient nous parler de cette prophétie dystopique plus contemporaine que jamais.

1979, un météore musical percute la planète Terre : Starmania. Un duo composé d’un auteur et d’un compositeur, Luc Plamondon et Michel Berger nous annoncent déjà leur projet un an avant la naissance de Starmania avec leur tube Ca balance pas mal à Paris. Ils choisissent l’appellation "opéra rock" parce qu’ils font de la place au bel canto punk.

 

Un opéra rock prophétique

Souvenez-vous de l’action, Starmania c’est un monde vertical. L’occident n’est plus qu’un seul pays dont sa capitale est Monopolis. Les pauvres vivent soumis par des riches qui ne les ont jamais écoutés, qui sabotent et s’imposent dans les médias. Un groupe terroriste se forme, les Etoiles noires et le conflit menace.

Zéro Janvier est un businessman magnat de l’immobilier, raciste, ultra-capitaliste et à la tête des médias. Son but ? Etre le président de l’occident pour une seule chose, se trouver beau à la télé, il aurait voulu être un artiste. Des aspirations bien sincères pour une ambition lugubre. Ce genre de personnage trouve un écho politique aujourd’hui avec de nombreuses personnalités qu’il n’est pas utile de lister ici. Ils ont bien compris qu’ils devaient noyer le monde de présence médiatique à tout prix.

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Monopolis, une ville des années 2000

Monopolis est sous la menace du groupe terroriste des Etoiles noires. Entre ces étoiles noires et la puissance politique de Zéro Janvier, on retrouve des stars déchues comme Stella Spotlight, le dernier sex-symbol qui souhaite mourir devant les caméras et être exposée à l’infini. Il y a aussi la serveuse automate, poétesse amoureuse de Ziggy qui veut être une star par tous les moyens, inspiré du célèbre personnage de David Bowie. Tout ceci nous ramène au monde d’aujourd’hui… des gens à la dérive qui chantent leur lamento et qui peinent à croire encore en quelque chose.

Nanette Workman (Sadia) et Daniel Balavoine (Johnny Rockfort) dans l’opéra Starmania sur la scène du Palais des Congrès à Paris le 3 avril 1979, France.
Nanette Workman (Sadia) et Daniel Balavoine (Johnny Rockfort) dans l’opéra Starmania sur la scène du Palais des Congrès à Paris le 3 avril 1979, France. © Jean-Louis URLI/Gamma-Rapho via Getty Images

Le rôle de Marie-Jeanne, la serveuse automate est central puisqu’elle représente le monsieur madame tout le monde qui fait un boulot abrutissant et qui ne sait pas comment vivre dans un monde comme celui qui se présente à elle. C’est la célèbre Fabienne Thibaud qui créera le rôle mais la célèbre chanteuse belge Maurane l’a également joué. Un rôle qu’elle avait dû quitter au bout de quelques mois pour cause de surmenage et parce que la perdition du personnage de Marie-Jeanne devenait la sienne. Elle en avait d’ailleurs fait une chanson… qui es-tu Marie-Jeanne ?

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Starmania se voulait un spectacle imaginaire dans un monde futuriste robotique, punk, surréaliste et sombre à la fois, comme 1984 de Georges Orwell mais les résonances de ce scénario aujourd’hui ont donné envie au producteur Thierry Suc de le remettre sur les planches aujourd’hui parce que ce spectacle est probablement plus contemporain que jamais.

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