Athlétisme

Steve Prefontaine, les légendes ne meurent jamais

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C'est un lieu de pèlerinage, un lieu de recueillement. Un incontournable pour tout amateur de course à pied qui se respecte. Un passage obligé pour les fans d'athlétisme. Pour y accéder, rien de plus simple, il suffit d'emprunter le Skyline Boulevard, une petite route sinueuse et pentue qui serpente à flanc de colline, le long de la rivière Willamette. Un quartier cosy, de belles propriétés aux abords soignés, une ambiance paisible de quartier résidentiel américain. A vol d'oiseau, nous sommes à un kilomètre et demi à peine d'Hayward Field, le célèbre stade d'athlétisme (récemment rénové grâce à la générosité de Phil Knight, l'un des fondateurs de Nike) de l'université d'Oregon, épicentre de la culture de la course sur piste aux Etats-Unis et qui vaut à cette paisible ville d'Eugene le surnom de "Tracktown USA". C'est sur cette piste mythique que Steve Prefontaine a forgé sa légende, moustache et ceheveux aux vents. Sur cette piste, témoin de ses plus belles performances. Lui, le coureur atypique qui écrasait tout sur son passage avec un style agressif. "Pré" comme on le surnommait déjà ne connaissait qu'une seule tactique de course: l'attaque. Dès le départ, il prenait la tête du peloton pour ne jamais plus la lâcher. Un coureur à la carrière aussi prometteuse qu'éclair (il détenait tous les records des Etats-Unis des courses comprises entre 2.000 et 10.000 mètres). Une légende vivante.

Lors d'un meeting à Munich en 1972, Steve Prefontaine devance le belge Emile Puttemans
Lors d'un meeting à Munich en 1972, Steve Prefontaine devance le belge Emile Puttemans © Tous droits réservés

Steve Prefontaine s'est tué à 24 ans, en pleine préparation des jeux de Montréal en 1976 dont il était une des stars attendues. Un accident de la route à la sortie d'un virage. Cette nuit de fin de printemps-là, son cabriolet MG couleur or a violemment percuté un rocher au bord de la route, se retournant sur son conducteur qui rentrait chez lui après une troisième mi-temps arrosée. Quelques heures auparavant, il avait remporté, comme à son habitude, le 5.000 auquel il venait de prendre part. Nous sommes le 30 mai 1975. Depuis ce jour, le culte Préfontaine n'a jamais cessé. Aujourd'hui encore, des fans, amateurs d'athlétisme, se rendent tous les jours sur les lieux de l'accident où un mémorial a été érigé en la mémoire de l'enfant chéri du pays. Chacun y laisse un souvenir en guise d'offrande. Un maillot, une casquette, une médaille remportée dans une course, une paire de spikes ou de chaussures de running. Certains s'y recueillent, d'autres prient. Les plus assidus d'entre eux profitent de la déclivité de la route adjacente pour des séances d'intervalles sous le regard du maître. Un lieu inspirant qui incite au recueillement et invite au dépassement.

Dans la ville d'Eugene, le souvenir de Prefontaine, qui fut le premier véritable ambassadeur de Nike (la marque est née au cœur de l'université d'Oregon) est omniprésent. Sur les tee-shirts, les noms d'immeuble, de rues, les menus des restaurants, au cœur de la ville où une statue de bronze se dresse fièrement, impossible de passer à côté. Un destin tragique, qui inspira de nombreux films (dont le célèbre Free to run), semblable à celui du regretté Ivo Van Damme. Normal donc que le plus célèbre meeting (la Prefontaine Classic) de la région porte désormais son nom.

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