Mode

Streetwear, gaming, football : le luxe, cet adolescent qui s'ignore

© Kylian Mbappé/Fortnite/Balenciaga/Missoni/Instagram

05 févr. 2022 à 15:00Temps de lecture3 min
Par RTBF avec AFP

La pandémie nous a vraisemblablement tous transformés en adolescents enfermés dans notre chambre, scotchés à nos écrans, à attendre de pouvoir sortir le soir.

Mais nous ne sommes pas les seuls : les industries de la mode et du luxe ont elles aussi sauté à pieds joints dans cette période ingrate et délicate, ne jurant désormais plus que par le gaming, le streetwear et le football.

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Mais que se passe-t-il avec l'adolescence ? Pendant que les années 90 et 2000 cartonnent chez les femmes issues de la génération Z dans la mode, c'est la tendance "kidcore" qui fait l'unanimité dans le secteur de la bijouterie, tout comme dans le vestiaire masculin.

L'objectif ? S'habiller comme des ados, voire des pré-ados en pleine croissance, en mode débraillé, déformé et totalement désaccordé. On est dur avec la jeunesse, c'est vrai, mais il faut reconnaître que depuis quelques mois la mode, est devenue un grand brouhaha oscillant entre extravagance, pré-apocalyptique, trash et totale régression.

Le public n'est pas le seul à avoir opéré ce retour en enfance

La mode et le luxe semblent elles aussi obnubilées par l'adolescence et par certains de ses principaux centres d'intérêt.

Le streetwear, le football et les jeux vidéo s'invitent dans de nombreuses collections. Un sentiment de nostalgie, sans doute, ou la volonté de séduire les Génération Z, bien évidemment, mais aussi la première vague d'Alpha, qui atteint désormais la pré-adolescence.

Le streetwear a conquis les podiums

Le phénomène n'est pas nouveau mais il ne cesse de s'amplifier depuis des mois. A coups de sneakers, de hoodies et de collaborations en tous genres, le monde du luxe a embrassé à pleine bouche celui du streetwear, avec l'objectif d'élargir sa cible.

De Balenciaga à Louis Vuitton en passant par Chloé, Marc Jacobs, et bien sûr Jeremy Scott, les plus grandes maisons de luxe se sont progressivement converties à la mode de rue, allant jusqu'à faire défiler doudounes, sneakers, et chaînes-en-or-qui-brillent sur les podiums de la Fashion Week.

Le phénomène est tel que des maisons se distinguent aujourd'hui par leur ADN associant luxe et streetwear : Supreme, Vetements, Off-White, Y/Project...

Timberland, The North Face, Missoni, Clarks Originals, Nike et même Jacob & Co., du prêt-à-porter au luxe en passant par l'horlogerie, tout le monde n'a d'yeux que pour la marque de vêtements streetwear. Un engouement que l'on retrouve chez son pendant japonais, A Bathing Ape, aka Bape, qui témoigne de l'amour désormais inconditionnel du luxe pour la rue.

Le luxe s'entiche de foot

Si les équipes de football font depuis (très) longtemps équipe avec des marques sportswear comme adidas, Nike, ou Puma, ainsi qu'avec des griffes haut de gamme pour leurs tenues officielles, elles ne jonglent que depuis peu avec le monde du luxe. Un phénomène nouveau mais qui ne cesse de prendre de l'ampleur.

Non seulement les plus grandes maisons s'activent aujourd'hui à imaginer les costumes des stars du ballon rond mais elles en font également des ambassadeurs de choix.

 A l'instar de Kylian Mbappé, devenu en quelques jours seulement la nouvelle coqueluche de Dior et Oakley.

Et depuis peu, les marques deviennent des partenaires officiels des équipes les plus prestigieuses, à l'image de Moncler avec l'Inter Milan.

Il faut dire que malgré la crise et les huis clos sanitaires, le football européen compte toujours en milliards. En dehors de la page officielle d'Instagram, Cristiano Ronaldo demeure la personnalité la plus suivie dans le monde sur le réseau social avec pas moins de 394 millions d'abonnés. Lionel Messi en cumule également plus de 300 millions.

Cette nouvelle passion pour le ballon rond devrait donc se poursuivre, voire s'accentuer dans les mois à venir.

Tous gameurs ?

Comme si tout cela ne suffisait pas, voilà le monde du luxe qui ne lâche plus les manettes du gaming. Le phénomène est lui aussi récent et s'est amplifié avec la pandémie et la plongée des plus jeunes générations - mais pas que - dans le monde virtuel.

Résultat, on retrouve Louis Vuitton dans "League of Legends", Longchamp et Gucci dans "Pokémon GO" mais aussi Valentino dans "Animal Crossing : New Horizons".

Burberry et Balenciaga ont lancé leur propre jeu : "B Bounce" pour le premier, "Afterworld : The Age of Tomorrow" pour le second.

Mais qu'on ne s'y trompe pas, si certains directeurs artistiques ont bien la fibre du gaming, à l'instar de Demna Gvasalia, le directeur artistique de Balenciaga, il s'agit ici de s'immerger dans un univers que les Z et les milléniaux connaissent mieux que personne pour y faire la promotion de leurs nouvelles collections et là encore, toucher une cible difficile à séduire.

Cela a amené la mode, et plus largement le luxe, à embrasser une toute nouvelle passion : le metaverse. Un truc d'adolescents ? On ne le sait pas encore. Ces nouveaux mondes n'en sont qu'à leurs prémices mais il se pourrait bien qu'ils nous permettent eux aussi de retomber en enfance.

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