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Sur le green : les femmes valent moins que les hommes

Sur le green : les femmes valent moins que les hommes
29 mai 2022 à 10:47Temps de lecture3 min
Par Alisson Delpierre

Après 25 ans d’absence au calendrier belge, le Ladies European Tour a fait étape chez nous. Une compétition internationale de golf 100% féminine. Pendant 4 jours, les meilleures joueuses se sont affrontées sur le domaine de Naxhelet près de Wanze.

L’occasion de faire découvrir au public ce sport qui tente de se démocratiser et de trouver de nouvelles recrues. Mais aussi d’attirer l’attention sur les différences importantes qui existent encore entre les hommes et les femmes dans le golf.

"Pourtant, on fait exactement la même chose que les hommes"

Manon De Roey, numéro 1 belge
Manon De Roey, numéro 1 belge Philippe Buissin

A 30 ans, la jeune anversoise, Manon De Roey est la numéro un belge. Elle a remporté sa première victoire sur le circuit du Ladies European Tour à Bangkok. Mais elle est consciente que le golf professionnel féminin attire beaucoup moins que le masculin. "Pourtant, on fait exactement la même chose que les hommes. L’effort est le même. On joue aussi quatre jours de suite. Je ne comprends pas pourquoi c’est si difficile pour nous d’avoir la même visibilité qu’eux. C’est vraiment très frustrant" confie-t-elle.

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Le gap du prize money

Lors de cette étape, plus de 120 golfeuses s’affrontent pour un prize money, un gain à remporter, d’environ 200.000 euros. Cette somme est divisée entre les 30 meilleures joueuses. "Les autres, même si elles ont bien joué, elles repartent sans rien pour le tournoi suivant" explique Françoise Jolly, l’organisatrice de cette manche et la fondatrice de Naxhelet.

Participer à ce genre de tournoi peut vite représenter des pertes pour les sportives. "Elles doivent prendre en charge leurs billets d’avion, le logement, souvent en Airbnb, elles n’ont pas toute leur caddie. Elles ont vraiment beaucoup moins de moyens que les hommes."

Pour Françoise Jolly, "si d’autres circuits offrent un prize money plus élevé que le nôtre, la différence reste toujours flagrante avec les hommes." En effet, pour une compétition équivalente chez les hommes, le gain grimpe facilement à deux millions d’euros, soit dix fois plus que la récompense féminine de cette compétition.

Le golf féminin n’attire pas ?

Le manque de visibilité serait la base du problème. "Si on a de la visibilité, on trouve des sponsors plus facilement et toute la machine s’enclenche" explique Françoise Jolly. Pourquoi y a-t-il moins d’intérêt pour le golf féminin ? "Le sport masculin a toujours davantage été mis en avant", constate Alexia Penasse, la responsable de la communication de l’Association Francophone de golf.

Le sport masculin a toujours davantage été mis en avant.

"Le sport féminin, lui, souffre de ce manque d’image. Niveau sponsoring, des hommes ont plus de chance d’attirer de plus gros sponsors donc de plus gros budgets. Tout ce qui est encadrement pour homme sera peut-être plus facile que pour une femme. Mais ça commence à évoluer."

Pour tenter d’inverser ou plutôt de rééquilibrer la tendance, il faut aussi modifier la base. Sur les plus de 29.000 membres de l’AF Golf : 2/3 sont des hommes, 1/3 des femmes. Mais d’ici 2025, l’objectif est qu’un nouveau golfeur sur 2 soit une golfeuse.

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Un changement s’amorce-t-il réellement ?

Savannah De Bock, espoir belge
Savannah De Bock, espoir belge Philippe Buissin

Savannah De Bock veut croire à une évolution. Cette jeune espoir a des rêves plein la tête. "Je rêve de passer professionnelle, probablement pendant ma deuxième année d’université, et d’aller sur le circuit américain."

Mais elle est consciente que le chemin est encore long… "Au niveau des salaires, des publicités, des prize money, la différence est énorme. J’ai déjà entendu certaines professionnelles qui disaient qu’elles ne participeraient pas à un tournoi pour garder leur budget pour participer à d’autres tournois plus importants", confie Savannah De Bock.

Du haut de ses 16 ans, elle essaye de ne pas trop penser à l’aspect financier. "Pour le moment, mes parents me soutiennent beaucoup. Je verrai quand je passerai pro. J’espère que d’ici là, ce sera un peu plus simple. Pas que dans le golf d’ailleurs mais dans tous les sports féminins."

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