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Alors on change !

"Sur un scénario de fort réchauffement, des événements comme les inondations se produiront beaucoup plus fréquemment"

Flooded streets in Belgium as heavy rain in the region

En juillet 2021, 41 personnes ont péri dans les terribles inondations qui ont frappé notre pays. Lors de son discours prononcé à la COP26 à Glasgow, le Premier Ministre Alexander De Croo a déclaré qu’elles étaient les premières victimes belges du changement climatique.

Cette catastrophe a-t-elle effectivement été causée par les conséquences du réchauffement global ? On a voulu en discuter avec le climatologue de l’ULiège, Sébastien Doutreloup.

Quand on évoque les inondations de juillet 2021, on parle d’un événement considérable. Est-ce que, scientifiquement, on peut l’attribuer au réchauffement climatique ?

Sébastien Doutreloup : On peut en partie attribuer les inondations au réchauffement climatique. Sans réchauffement climatique, on aurait par exemple eu moins de précipitations que les 210 ml enregistrés sur 3 jours en juillet 2021. Ce qui est considérable, puisqu’on est pratiquement sur l’équivalent de deux mois de précipitations d’un mois de juillet normal ! La nature de l’événement et son intensité sont indéniablement liées au réchauffement climatique.

Etant donné que les dérèglements climatiques s’intensifient, est-ce qu’on doit s’attendre à vivre ce genre d’événements plus régulièrement ?

D’après les premiers résultats qui sortent des études pour ce type d’événements ci, c’est que la réponse dépend du scénario de réchauffement sur lequel on va se trouver. Si on est sur un scénario de fort réchauffement, on va avoir ce type d’événements beaucoup plus fréquemment, dans un futur proche et avec peut-être une intensité supérieure. Mais si on est sur un scénario de faible réchauffement, ces événements seront moins intenses et plus éloignés dans le temps.

Ça fait des décennies que le GIEC annonce que ce type d’événements va se produire, et voilà c’est arrivé.

En tant que climatologue, ces inondations ont-elles fait office d’électrochoc pour toi ?

J’ai été très impressionné en allant sur le terrain quand j’ai vu l’énergie des flots qui dévastaient tout et la détresse des populations sur place. Ce n’était pour autant pas un électrochoc parce qu’on s’y attendait, nous les climatologues. Ça fait des décennies que le GIEC annonce que ce type d’événements va se produire, et voilà c’est arrivé. On ne savait pas que ça allait être de cette ampleur-là, mais on savait que c’était probable que ça se produise dans un futur proche.

D’autres événements en Belgique qui se sont déjà produits sont également liés au réchauffement climatique…

Depuis 2015, on a une canicule tous les ans. Alors qu’avant, on en avait une tous les 4 à 5 ans. C’est le premier signe palpable du réchauffement climatique en Belgique, et ça a déjà provoqué des morts. Ensuite, il y a aussi les sécheresses qu’on cumule de plus en plus ces dernières années. C’est un second signe. Et le troisième, ce sont les inondations de juillet 2021.

Si tu avais un message à faire passer aujourd’hui, ce serait quoi ?

Maintenant qu’on voit les effets du réchauffement climatique, chez nous aussi, il faut vraiment qu’on passe à l’action. Il faut arrêter d’attendre et de reporter toujours à plus tard !

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Inondations : mieux préparer l'avenir

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