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Belgique

Surpopulation dans les prisons : "40% des détenus ont un problème de santé mentale, 25% ont une lourde pathologie psychiatrique"

L'invité de la matinale est Vincent Spronck, directeur de la prison de Mons

Surpopulation, manque d'effectifs et vétusté des prisons belges

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13 avr. 2022 à 07:21 - mise à jour 13 avr. 2022 à 12:12Temps de lecture2 min
Par Adeline Louvigny

L’invité de Matin Première ce mercredi est Vincent Spronck, directeur de la prison de Mons, président de l’association francophone des directeurs de prison, et ancien directeur des prisons de Tournai et Forest. Il aborde les problèmes majeurs auxquels sont confrontées les prisons belges, surpopulation, manque d’effectifs, vétusté, et les réponses du politique face à cette situation.

Alors que la prison de Mons, victime de son âge, a des problèmes de salubrité et que la surpopulation se situe entre +40 et +50%, le directeur "salue le courage avec lequel les détenus font face à des conditions de vie pareilles. Le courage du personnel de travailler dans des conditions pareilles."

"La prison est ce lieu de misère psychiatrique, psychique, c’est un lieu de maladie mentale, de la désinsertion. C’est ça que crée la prison : 40% des détenus ont un problème de santé mentale, 25% ont une lourde pathologie psychiatrique." Et une partie ne peut être encadrée correctement, citant l’exemple de la prison de Mons : "19 détenus devraient être internés dans l’aile psychiatrique, mais faute de place, sont disséminés dans le reste de la prison, encadrés par des agents qui ne sont pas formés."

L’observatoire des prisons dénonce depuis plusieurs années l’accès aux soins de santé des détenus, qu’il considère comme "catastrophique." Vincent Spronck reconnaît des "manques au niveau des soins de santé", mais trouve aussi "que les prisons tiennent pas trop mal le choc d’un point de vue de la santé. La prison, c’est 15.000 entrants par an. Et la majorité de ces personnes n’ont pas eu de contact avec des soins médicaux depuis des mois ou des années, donc il faut tenir le choc."

Vincent Spronck souligne les actions du ministre de la Justice, et particulièrement sa campagne de recrutement, "comme on n’en a jamais vu". Il voit également d’un bon œil la récente réforme du Code pénal, qui encourage un moindre recours à l’emprisonnement, ainsi que la construction de deux nouvelles prisons, à Haren et Termonde. Mais que ces prisons servent à s’occuper des détenus actuels, et pas ceux du futur. "Quand on voit les conditions de détention à Forest, Saint-Gilles et Berkendael, tout ça est immonde. Heureusement que l’on construit quelque chose de neuf. Mais que l’on occupe ces nouvelles places par des détenus actuels, pour diminuer la surpopulation, et pas avec de nouveaux détenus."

"Mettre en prison, ce n’est qu’accélérer la désinsertion, c’est créer de la récidive, c’est commettre de la violence."

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