Journal du classique

Sursis pour les archets : le bois de pernambouc ne sera pas interdit

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25 nov. 2022 à 11:40Temps de lecture2 min
Par Victoria De Schrijver

La dix-neuvième session de la Conférence des 184 Parties à la CITES, qui a débuté le 18 novembre au Panama, se termine aujourd’hui. Parmi les décisions prises, celle de ne pas insérer le bois de pernambouc dans l’Annexe I de la CITES et de le garder dans l’Annexe II. Une décision — qui sera ratifiée dans l’après-midi — qui laisse un peu de répit aux archetiers et au monde de la musique, mais qui sera réexaminée dans trente mois lors d’une prochaine session plénière de la CITES.

Soulagement pour les archetiers et le monde de la musique en cette fin de Conférences des Parties à la CITES. Le bois de pernambouc ne sera pas ajouté à l’Annexe I de la CITES, ce qui aurait rendu impossible le commerce de cette essence mais aussi le déplacement dans le monde d’objets — d’archets — en pernambouc sans passeport spécifique et sans certificat de provenance. Une spécificité de l’Annexe I qui aurait rendu le déplacement des artistes et des orchestres symphoniques exceptionnellement compliqué et qui menaçait le métier d’archetier.

Le bois de pernambouc reste donc à l’Annexe II, ce qui lui confère toujours un statut d’arbre à protéger parce qu’il pourrait être menacé à terme, mais permet un commerce — régulé — du bois. Le bois de pernambouc est aussi victime du commerce illégal et de la déforestation en vue d’urbaniser ou de faire pousser d’autres plantes au rendement plus intéresant, des problèmes qui sont difficiles à attribuer au seul travail de l’archeterie.

Un sursis et des preuves à faire

Les musiciens et syndicats professionnels des métiers liés à l’archeterie s’étaient unis ces derniers mois pour mettre en lumière ce problème qui aurait pu mettre en péril l’avenir de nombreux emplois. Les archetiers avaient alors expliqué que leur consommation en pernambouc par an était très basse — environ un arbre pour 100 archetiers français — et qu’ils faisaient partie de programmes de conservation de l’arbre, qui a permis la plantation de pas moins de 340 000 arbres sur une période de vingt ans à travers l’IPCI (International Pernambuco Conservation Initiative), une initiative d’archetiers aidée d’ONG brésiliennes.

Dans trente mois, une nouvelle session plénière des Parties à la CITES devrait avoir lieu. Les décisions prises seront réévaluées et les programmes de protection et préservation de l’espèce mis en place entre-temps seront examinés. Le Brésil, de son côté, va renforcer la législation. Cette décision permet néanmoins aux archetiers d’avoir un petit sursis.

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