La Grande Forme

Syllogomanie : syndrome d'accumulation excessive, comment s'en sortir ?

Hoarding disorder outdoors. Neglected allotment garden of people who suffers from compulsive hoarding, littered with trash and other items.

La syllogomanie est un trouble qui pousse une personne à accumuler des choses qui sont en fait inutiles et sans valeur. Mais à quoi est-ce dû? Et comment y remédier ? Éléments d'information avec le Dr Philippe Verdoot, psychiatre dans une unité pour jeunes adultes et chef d’unité à la Clinique Fond’Roy à Epsylon.

Le syndrome de thésaurisation pathologique - plus communément appelé la syllogomanie - correspond à une accumulation désorganisée et à l'impossibilité de jeter tous types d'objets, surtout du quotidien.

C'est très différent d'une situation dans laquelle des gens collectionnent des choses car dans ce cas, il y a un but derrière. Le syllogomane encombre son espace de vie avec des choses inutiles. 

"La syllogomanie, ce n'est pas la peur de jeter mais l'incapacité à se rendre compte qu'on accumule des choses qui n'ont aucune valeur. C'est donc quelqu'un qui garde des emballages en carton, des pubs venant de sa boîte aux lettres et ça s'accumule dans son logement... Et ça devient impossible à vivre pour les proches mais la personne, elle-même, ne s'en rend pas forcément compte..." explique le Dr Philippe Verdoot, psychiatre dans une unité pour jeunes adultes et chef d’unité à la Clinique Fond’Roy à Epsylon.

Symptômes 

2 à 3 % de la population - à des degrés divers - souffrent de ce syndrome pour lequel il n'y a pas de différence genrée. Cela démarre souvent à l'adolescence sur un mode léger. Et cela engendre :

  • Une certaine souffrance liée à l'accumulation et au risque de devoir changer de comportement
  • Une notion de honte
  • Des symptômes de troubles obsessionnels compulsifs (TOC)
  • Dans les formes les plus sévères, on a plus des tableaux dépressifs voire neurologiques "mais là ça sort de la psychiatrie avec en atteinte du globe frontal et une incapacité à jeter" précisé notre expert
  • La syllogomanie peut aussi être considérée comme une forme de persévération motrice - hypothèse psychose.

Diagnostic 

Le diagnostic est uniquement clinique mais surtout difficile car les patients en parlent très peu d'eux-mêmes. Et les proches sont souvent exclus, il y a cette notion d'abolition de la demande d'aide.

Il est donc nécessaire de mettre en place une clinique de l'habitat ; des équipes sociales ou mobiles qui peuvent rapporter les observations du terrain. C'est important que ça se déroule hors des murs de l'hôpital ou du cabinet pour pouvoir établir un diagnostic.

Traitement

Au niveau du traitement, il faut absolument amener la personne concernée à se faire aider et donc à consulter. Elle pourra ainsi suivre une thérapie cognitivo-comportementale et prendre des antidépresseurs si nécessaire.

Il est également important d'avoir une aide au quotidien et des interventions psychosociales, insiste notre spécialiste.

Enfin, si un médecin généraliste, qui se rend régulièrement au domicile d'un patient, constate ce genre de chose, il est impératif d'en parler, que ce soit à l'entourage ou au CPAS afin de venir en aide à la personne concernée.

Retrouvez "La Grande Forme" en direct du lundi au vendredi de 13h à 14h30 sur VivaCité. Vous avez manqué l’émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio ainsi que sur différentes plateformes de Podcast.

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