Monde

Talibans en Afghanistan : l'accès aux soins de santé problématique, "seuls 20% à 30% des hôpitaux sont fonctionnels"

© Belgaimage

07 janv. 2022 à 14:51Temps de lecture2 min
Par Belga

Depuis la prise du pouvoir par les talibans en août dernier, l'accès aux soins de santé de la population afghane ne cesse de se détériorer alors que l'aide internationale est largement suspendue. "Seuls 20% à 30% des hôpitaux sont encore fonctionnels", avertit vendredi lors d'une interview accordée à Belga Eric Weerts, kinésithérapeute belge pour Handicap International, de retour de mission en Afghanistan.

L'arrivée au pouvoir des talibans a incité de nombreux pays donateurs à suspendre leur aide, supprimant la principale source de financement de l'économie du pays, désormais au bord de la faillite.

Le fait que le régime taliban ne soit pas reconnu par la communauté internationale punit le peuple afghan

"Le fait que le régime taliban ne soit pas reconnu par la communauté internationale punit en fait le peuple afghan, qui est aujourd'hui confronté à des pénuries alimentaires et à une pauvreté croissante", commente Eric Weerts, qui parle d'une véritable "catastrophe" sur le terrain.

Implantée depuis 1987 dans le pays d'Asie centrale, Handicap International tente vaille que vaille de continuer à fournir un accès aux soins de santé à la population. Mais depuis que les puissances occidentales ont coupé le robinet financier, l'ONG de solidarité internationale doit se réorienter et pallier le manque de services hospitaliers dans le pays.

A peine 20% à 30% des hôpitaux fonctionnels

"On crée des unités plus médicalisées. On fonctionne davantage en équipe mobile aussi alors qu'une grosse barrière dans l'accès aux soins est désormais le coût du transport pour atteindre un centre ou un hôpital", explique ce conseiller technique, responsable des programmes de réadaptation physique pour les blessés de guerre ou d'accidents. "Il faut savoir qu'à peine 20% à 30% des hôpitaux sont encore fonctionnels, le personnel de santé afghan n'est, lui, plus payé depuis quatre mois", illustre-t-il.

Dans ses relations avec les autorités locales, l'organisation dit ne pas avoir rencontré de grandes difficultés si ce n'est des interruptions d'activités plus fréquentes.


►►► À lire aussi : Afghanistan : des talibans demandent aux commerçants de décapiter les mannequins exposés dans leurs magasins


"De manière générale, les insurgés encouragent à ce que les activités de soins continuent. Tout au plus demandent-ils des ajustements, sur le style vestimentaire notamment", détaille Eric Weerts. "De notre côté, on a obtenu de petites garanties pour que les collaborateurs se sentent en sécurité lorsqu'ils travaillent", poursuit-il. 

Handicap International collabore avec 260 Afghans sur place. Depuis septembre, 130 personnes supplémentaires travaillent pour l'organisation. L'ONG continue par ailleurs à former des kinésithérapeutes afghans à la réadaptation physique et fonctionnelle, en grande majorité des femmes.

Le psychosocial

Depuis la prise de contrôle par les talibans, l'ONG constate en outre une recrudescence des soucis psychosociaux. "Le peuple afghan a moins accès aux services de base comme la santé et l'éducation ainsi qu'à d'autres services qui les aidaient dans leur vie quotidienne, ce qui offre peu de perspectives et génère pas mal de stress", souligne Eric Weerts. 

Sujet du 15 septembre 2021:

Afghanistan : les vaines promesses des Talibans un mois après leur prise de pouvoir

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

Afghanistan : vendre un rein pour s'épargner la faim, une pratique répandue dans certaines régions

Monde

Afghanistan : les Etats-Unis promettent plus de 300 millions de dollars d’aide humanitaire

Articles recommandés pour vous