Le cinéma déroule le tapis rouge aux chef(fe)s d’orchestre
#Classique
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Hasard du calendrier, on va parler musique classique au cinéma car on a droit à 2 portraits de femmes qui exercent une profession très particulière et qui tentent de s’imposer dans ce milieu très fermé : le métier de cheffe d’orchestre. Mais vous allez le voir, dans des atmosphères diamétralement opposées.
Deux cheffes d’orchestre à l’affiche cette semaine, deux femmes confrontées à un univers très masculin. La première à mener son petit monde à la baguette c’est Cate Blanchett dans un drame qui s’intitule ''Tàr'', du nom de sa protagoniste principale : Lydia Tàr, un personnage fictif. Une cheffe d’orchestre et compositrice charismatique à la renommée internationale Tout semble lui réussir et pourtant, derrière cette apparence de grande intellectuelle raffinée, se cachent des zones d’ombre qui vont refaire surface. On la découvre pétrie d’orgueil, tyrannique et manipulatrice, une véritable perverse narcissique pour utiliser un terme à la mode.
Cate Blanchett a remporté il y a peu le Golden Globe de la meilleure actrice pour ce rôle. Elle avait déjà été aussi, primée au festival de Venise pour cette époustouflante incarnation et clairement, l’Oscar lui tend les bras. ''Tàr'' est un véritable écrin pour l’envergure du talent de l’actrice mais j’émets tout de même quelques réserves sur ce film dont l’âpreté peut rebuter. A l’image de son héroïne, le film est froid, austère et peu accessible. En tout cas il faut s’accrocher la première heure avec des dialogues hyperpointus du jargon de la musique classique. ''Tàr'' est un film exigeant, il faut le savoir. Je regrette aussi qu’il évoque mais en les effleurant seulement, des thématiques hyperactuelles comme les dérives du pouvoir, les réseaux sociaux, le wokisme ou la cancel culture… La performance de Cate Blanchett vaut à elle seule déplacement mais je vous aurais prévenu, ce ''Tàr'' est assez hermétique.
Autre film plus accessible peut-être cette fois, mon coup de cœur de la semaine : ''Divertimento'', un film français tiré d’une histoire vraie très forte : le destin de deux sœurs musiciennes issues de la diversité, Zahia et Fettouma Ziouani. Avec leur talent et leur force de caractère, ces deux jeunes femmes de la cité ont réussi dans les années 90 à s’imposer dans le monde très fermé et parfois snob de la musique classique. Zahia est même devenue l’une des rares femmes cheffe d’orchestre philharmonique en France. ''Divertimento'' est une œuvre inspirante qui défend de belles valeurs : l’ouverture d’esprit et l’accessibilité de la culture, de la musique, à tous. C’est aussi passionnant de découvrir les coulisses de la formation et du métier de chef d’orchestre sans oublier les excellents choix des morceaux joués dans le film, une belle porte d’entrée pour faire découvrir le classique aux plus jeunes. Avec le même sujet, je préfère la générosité de ''Divertimento'' à l’aridité de ''Tàr'' avec Cate Blanchett.
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