RTBFPasser au contenu
Rechercher

Taux d'intérêt en hausse : fin de l'argent gratuit pour les États ?

28 avr. 2021 à 08:23 - mise à jour 28 avr. 2021 à 08:23Temps de lecture2 min
Par M.F. avec M.P.

Depuis le début de l’année, les taux d’intérêt – en ce compris sur les dettes publiques des pays de la zone euro, ont connu une légère remontée. Tout début janvier, le taux belge à dix ans était de – 0,4%. Aujourd’hui, ce taux tourne autour de 0,06%. Le taux auquel la Belgique emprunte à 10 ans, n’est donc plus négatif. Est-ce bientôt la fin de l’argent gratuit pour les Etats ?

L’ensemble des taux d’intérêt ont légèrement augmenté depuis le début de l’année. En cause : l’amélioration des perspectives économiques un peu partout dans le monde. "Aux États-Unis, par exemple, la reprise est très forte et elle va être dopée par le plan de relance de l’administration Biden, qui est d’une ampleur vraiment exceptionnelle. En Europe aussi, les indicateurs montrent que la conjoncture s’améliore et nous allons aussi avoir un plan de relance d’une ampleur assez significative", explique Éric Dor est directeur des études économiques à l’IESEG.

Dans le même temps, les prix de l’énergie, de nombreuses matières premières, de semi-conducteurs, du fret maritime et de puces électroniques sont aussi en hausse. Cela pousse l’inflation, les perspectives d’inflation sont à leur tour à la hausse et les investisseurs exigent donc des taux d’intérêt plus élevés.

Faut-il s’inquiéter de l’augmentation du taux d’intérêt ?

Pour revenir au taux belge à 10 ans, 0,06% aujourd’hui, c’est quasiment nul, on est encore dans quelque chose qui s’apparente à de l’argent gratuit, grâce notamment à l’action de la Banque centrale européenne qui fait tout pour maintenir les taux d’intérêt le plus bas possible.

Faut-il alors s’inquiéter du taux d’endettement de l’État belge qui devrait désormais gonfler ? Oui, mais sur le long terme. En réalité, cela va prendre beaucoup de temps avant que des taux d’intérêt plus élevés augmentent le coût de la dette publique.


►►► À lire aussi : La Belgique a emprunté 12 milliards d’euros depuis mars : allons-nous devoir nous serrer la ceinture pour rembourser la dette du coronavirus ?


L’importance du taux moyen

Le coût de la dette, le coût de l’endettement, ce que l’on paie sur la dette publique belge, ce n’est pas les taux d’intérêt aujourd’hui qui augmentent légèrement ou fortement, ce sont les taux sur l’ensemble des emprunts contractés dans le passé, comme le confirme Eric Dor : "La dette publique est composée de toute une série d’emprunts qui ont été émis à des dates différentes du passé, qui sont toujours en circulation et qui ont été émis à des taux d’intérêt différents."

Ce qui compte, n’est donc pas le taux d’intérêt actuel mais le taux d’intérêt moyen qu’on paie sur la dette publique. "C’est donc la moyenne de tous ces taux d’intérêt différents, sur toutes les obligations émises dans le passé qui composent la dette publique", poursuit l’économiste.

De ce fait, même si le taux d’intérêt pour les obligations belges à 10 ans augmente de 2% dans les deux ans, tant que les nouveaux emprunts à 2% viennent remplacer des anciennes dettes à 4%, le coût global de la dette belge continuera de baisser. Le taux d’intérêt moyen payé sur la dette belge va baisser aussi longtemps que les taux sur les nouveaux emprunts restent inférieurs aux taux des anciens emprunts qui viennent remplacer. Alors oui, la soutenabilité de la dette publique est un motif sérieux d’inquiétude, mais pas dans le court terme.

Sur le même sujet

Les taux d'intérêt à long terme belges au plus haut niveau depuis début 2019

Economie

Articles recommandés pour vous