Economie

Télétravailler et garder ses enfants quand l’école est fermée, quelles sont les règles ?

Covid 19 / Quelles solutions pour les parents ?

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04 déc. 2021 à 15:11 - mise à jour 05 déc. 2021 à 07:11Temps de lecture3 min
Par Simon Bourgeois

350 classes sont fermées pour cause de Covid en Fédération Wallonie-Bruxelles pour le moment. Dès le 20 décembre, pour la dernière semaine de l’année scolaire, ce seront l’ensemble des écoles qui fermeront. Comment s’occuper de ses enfants ces jours-là, alors que les parents continuent de (télé) travailler ? Quels sont les règles, les droits et devoirs des salariés dans ces circonstances ? Mode d’emploi.

Chômage temporaire

Le travailleur peut basculer en chômage temporaire corona pour force majeur. Cela se fait en concertation avec l’employeur qui ne peut refuser la demande. Le ministre de l’Emploi, Pierre-Yves Dermagne, a confirmé que ce chômage temporaire "fermeture d’école" pourra bien bénéficier aux parents qui éprouvent des difficultés pour faire garder leurs enfants durant la semaine du 20 décembre.

Attention, seul un des deux parents peut bénéficier de cette mesure.

La demande doit être introduite auprès de l’Office national de l’emploi (Onem). Les travailleurs recevront alors une allocation correspondant à 70% de leur salaire plafonné à 2840,84 euros bruts par mois, ainsi qu’un complément de 5,74 euros par jour. Ce scénario implique donc une perte de revenu.

Prendre congé

Le travailleur peut aussi prendre des congés annuels. "Le problème", relève Laura Couchard, conseillère juridique chez Acerta, "c’est qu’on est à la fin de l’année. Les salariés ont un nombre limité de jours de congé par an et généralement, à cette période, ils ont déjà épuisé leurs congés".

Reste alors la possibilité, pour ceux qui ont pris congé la première semaine de Noël, d’anticiper ces congés à la semaine précédente pour couvrir, au moins en partie, les jours de fermeture d’école. L’employeur doit marquer son accord pour cela. Il pourrait, par exemple, refuser si l’entreprise ferme complètement ses portes à Noël. Le travailleur est, dès lors, obligé de prendre congé en même temps que le reste de ses collègues.

Des congés sans solde ou des heures de récupération, si le travailleur peut en bénéficier, sont aussi possibles, en accord avec l’employeur.

Télétravailler avec les enfants

C’est probablement le scénario que privilégieront beaucoup de parents. Aucune règle générale n’encadre ce télétravail avec enfants. Au cas par cas, en revanche, chaque entreprise peut établir avec ses travailleurs une convention qui établit précisément les modalités du télétravail.

Le travailleur peut alors exprimer des demandes à son employeur. "Uene longue pause de midi par exemple pour être avec les enfants et rattraper ces heures de travail le soir." L’employeur est-il obligé d’accéder à certaines demandes ? "La réponse est non", tranche Laura Couchard. "Autant c’est difficile pour les parents, autant il faut aussi prendre en compte les difficultés d’organisation d’une entreprise, son accessibilité pour les clients, sa qualité de service."

Tout n’est donc pas acceptable pour l’employeur. Dans un call center ou un service client, l’employeur pourrait, par exemple, exiger que le travailleur soit disponible dans un environnement calme et dans des horaires déterminés.

Si le travailleur ne peut répondre à cette demande de son patron ou sa patronne, une autre solution doit être envisagée, notamment le chômage temporaire.

Privilégier la discussion

Dans tous les cas, c’est le bon sens et la compréhension mutuelle qui doit primer plaide la conseillère juridique. La réalité d’une entreprise ou d’un travailleur n’est pas celle d’une autre.

"Certaines entreprises vont exiger plus de disponibilité ou de continuité du service, vu la nature de leur activité, on peut l’entendre. En revanche, dans d’autre cas, on peut tout à fait attendre d’un employeur qu’il soit plus flexible pour veiller à la santé mentale de son travailleur", tempère Laura Couchard.

Une prime "garde d’enfant"?

Une telle prime en tant que telle n’existe pas. En revanche, les entreprises qui ont enregistré de "bons résultats" (la définition dépend d’un secteur à l’autre) pendant la crise peuvent octroyer une prime, jusqu’à 500€ en chèque consommation, à leurs travailleurs, notamment en compensation de l’effort fourni lors des journées de télétravail avec enfants.

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