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Tennis : Nous rendra-t-on un jour notre vraie Coupe Davis, avec ses tribunes pleines et son ambiance exceptionnelle ?

Il n’y avait que 250 personnes dans les tribunes, pour la rencontre Belgique/Australie de Coupe Davis, dont une vingtaine de Belges

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14 sept. 2022 à 04:31Temps de lecture2 min
Par Christine Hanquet

La rencontre Belgique/Australie de Coupe Davis a eu lieu dans le magnifique Rothenbaum Tennis Center de Hambourg. Une enceinte mi-indoor, mi-outdoor (c’est une salle, mais les côtés sont ouverts, et le toit est une toile), qui peut accueillir 13.200 spectateurs. On ne fait pas plus grand, en Allemagne, pour du tennis.

Il y a de quoi crier, chanter, vibrer, pour les champions de la petite balle jaune. Sauf que non… Il y avait 250 personnes, tout au plus, dans les tribunes, pour ce premier face-à-face de la semaine. Dont une petite vingtaine de supporters belges, parmi les plus fidèles.

Eine kolossale Katastrophe ! On ne peut rien reprocher au public, qui doit débourser 65 euros minimum, pour assister à une rencontre de deux simples et un double. Un public qui choisira plutôt, forcément, d’ouvrir son portefeuille quand l’Allemagne sera sur le court. On espère, en tout cas, que même sans Alexander Zverev, l’équipe locale fera le plein, ou presque. Mais 65 euros en temps de crise, c’est beaucoup…

On le dit depuis quelques années, la Fédération Internationale de Tennis a "tué" la Coupe Davis, en la vendant à Kosmos, l’entreprise présidée par Gerard Piqué, le footballeur de Barcelone. Tous les signaux d’alarme avaient été tirés, à l’époque, par les amoureux du tennis. Et par les passionnés de cette épreuve mythique et plus que centenaire.

En crachant, pour les rencontres au sommet, sur le bon vieux principe du "home and away" (les matches à domicile pour l’une des deux équipes), les nouveaux (ir)responsables ont prouvé leur totale méconnaissance de ce qu’est la passion pour le tennis. Et il n’est pas certain que leur passion pour l’argent soit assouvie, finalement, puisque le public ne les suit pas.

Quand un speaker du stade s’égosille dans un micro, pour encourager quelques centaines de personnes à faire du bruit, il est très loin, le pauvre, de réussir à créer une ambiance "acceptable". Rien à voir avec ce qui s’était passé il y a quelques années, exemple parmi des dizaines, lors d’un Belgique/Argentine, dans un Forest-National vacillant sous les cris des supporters.

En 2019, Kosmos avait sacrifié la Coupe Davis, lors d’une phase finale à seize équipes, organisée à Madrid, devant des tribunes plus que clairsemées. En 2022, la compétition a été remaniée une nouvelle fois. Quatre villes (Hambourg, Glasgow, Bologne, Valence) accueillent chacune une poule de quatre pays, et les meilleurs se retrouveront à Malaga en novembre.

Allez, encore un petit effort… Si l’on passe à huit villes au lieu de quatre, on pourra retrouver "notre vraie Coupe Davis". Mais Gerard Piqué acceptera-t-il un jour de reconnaître son échec, en revenant à la formule initiale ?

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