Tension sociale chez Makro : les syndicats déplorent l'obstination de la direction à refuser une conciliation

Cliché de l'intérieur de l'enseigne Makro d'Alleur (province de Liège) en 2015

© SOPHIE KIP - BELGA

21 oct. 2020 à 11:01Temps de lecture2 min
Par Belga

Les syndicats de Makro déplorent mercredi "l'obstination" de la direction de l'enseigne à refuser la conciliation qu'ils demandent en commission paritaire à la suite du plan d'économies et de réorganisation annoncé début septembre. En front commun syndical, ils préviennent qu'ils ne se rendront pas au conseil d'entreprise extraordinaire prévu ce jeudi. Ils n'excluent pas de déposer un préavis de grève dans les prochains jours, après plusieurs mouvements spontanés ayant touché les magasins ces dernières semaines.

La direction de Makro a annoncé début septembre qu'elle ne prolongerait pas 100 à 200 contrats temporaires dans le courant de l'année prochaine et qu'elle envisageait toute une série de modifications dans ses six magasins (Deurne, Eke, Machelen, Leeuw-Saint-Pierre, Alleur et Lodelinsart).

Début octobre, direction et syndicats s'étaient ensuite quittés dos à dos lors de leur dernière réunion de concertation. Les représentants des travailleurs déploraient alors ne pas être considérés comme des interlocuteurs sociaux alors qu'ils entendent encadrer la réorganisation des conditions de travail.

Depuis lors, "la direction s'oppose à une demande de conciliation, qui aurait pu objectivement rapprocher les points de vue, en commission paritaire", constate le front commun syndical, qui se demande ce qui l'effraie. "La présidente de la commission paritaire a même entrepris une démarche auprès de la fédération patronale", pointe Jean-Pierre Boninsegna, secrétaire fédéral Setca.

Makro Belgique souhaite réunir un conseil d'entreprise extraordinaire ce jeudi. Mais c'est un lieu d'information et de consultation, pas de négociation, répondent les syndicats, qui ont dès lors décliné l'invitation.

Pour Jean-Pierre Boninsegna, la direction souhaite envoyer un message rassurant à son actionnaire allemand. Tout comme les autres représentants des travailleurs, il dit ne pas comprendre la logique qui anime l'entreprise dans une stratégie de confrontation. "Elle essaie de casser les syndicats et de les mettre hors-jeu. En 15 ans chez Makro, je n'ai jamais eu autant de difficultés à entamer un dialogue", regrette le syndicaliste socialiste.

Face à cette attitude qualifiée de contre-productive, les syndicats demandent à la direction de faire preuve de "plus de maturité". A défaut, ils n'excluent pas de déposer un préavis de grève dans les prochains jours, alors que l'enseigne n'a jusqu'à présent été touchée que par des mouvements spontanés.

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