Tensions gréco-turques : que se passe-t-il ?

Tensions gréco-turques en mer méditerranée orientales

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27 août 2020 à 16:36 - mise à jour 27 août 2020 à 16:36Temps de lecture2 min
Par Jennifer Istace

L’escalade des tensions continue entre la Grèce et la Turquie à propos des recherches d’hydrocarbures en Méditerranée orientale. Ce thème sera au cœur du Conseil des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne qui se réunit à Berlin ces jeudi et vendredi.

Pourquoi ces tensions ?

En un mot : hydrocarbures.

Ces dernières années, d’importants gisements gaziers ont été découverts dans cette région. Le 10 août dernier, la Turquie a envoyé le navire Oruç Reis dans une zone au large de l’île grecque de Kastellórizo, dans le sud-est de la mer Egée. Le gaz est la principale ressource énergétique de la Turquie. C’est le début des tensions qui animent aujourd’hui la région.

le navire de recherche turc Oruç Reis
le navire de recherche turc Oruç Reis © HANDOUT AFP

Territoires disputés

A qui appartiennent ces eaux ? C’est toute la question.

La petite île grecque de Kastellórizo est située à deux kilomètres au large d’Antalya. La mer Egée, où se trouvent des centaines d’îles grecques, est très proche des côtes occidentales turques. Selon la Grèce, les eaux entourant cette île sont sous la souveraineté grecque. Ces revendications sont démesurées, estime la Turquie, car cette politique la priverait d’une large zone de gisements.

Conflit de longue date

Des discussions sur le partage de ces eaux avaient commencé au début des années 2000 mais ont été interrompues de nombreuses fois à cause de tensions entre les deux pays, notamment sur la question migratoire.
Faute d’accord, la situation n’est donc pas claire, ce qui pousse les deux pays à revendiquer leur souveraineté en fonction de leurs politiques internes.

Que peut faire l’Europe ?

Le président turc Erdogan a annoncé ce jeudi de nouvelles manœuvres militaires avec des exercices de tirs. La Grèce, Chypre, la France et l’Italie ont déployé des navires de guerre dans la région.

Les partenaires européens sont divisés sur la stratégie à adopter : "La France voulait imposer des sanctions à la Turquie dès la mi-août mais six pays s’y sont opposés : l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, la Hongrie, la Bulgarie et Malte. Il y a des divergences mais la Turquie reste un partenaire de l’Europe. L’Allemagne, qui prône la diplomatie, est aux commandes dans ce dossier. Mais à cause de ces surenchères sur le terrain, nous ne sommes pas à l’abri d’incidents. Sur le fond du dossier, cela fait plus de 20 ans que le problème de délimitation d’eaux territoriales existe. Le droit maritime international ne peut pas s’appliquer sans négociations", explique Didier Billion, directeur adjoint de l’IRIS, l'Institut de relations internationales et stratégiques.

Le ministre allemand des affaires étrangères s’est rendu dans les deux capitales mais aucune de ses visites n’a permis d’apaiser les tensions. Les discussions se poursuivent.

Une guerre en perspective ?

Pas pour l’instant selon Didier Billion : "L’ampleur des déploiements est préoccupante mais la tension se concentre sur la surenchère politique. Plus on mettra du temps à régler le problème, plus il sera difficile de le régler."

Donald Trump, qui s’est entretenu par téléphone avec le chef de l’État turc Recep Erdogan, a exprimé son inquiétude à propos de la hausse des tensions "entre les deux alliés de l’Otan".

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