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Thermomètre Solidaris et pandémie : une personne sur deux a vraiment eu peur de mourir, 2 sur 3 se disent "transformées"

21 juin 2022 à 07:40Temps de lecture3 min
Par Manu Delporte

Tirer les leçons de la crise et dresser le diagnostic qui permettra de mieux gérer les suivantes : c’est l’objectif du dernier thermomètre de la mutuelle Solidaris qui a sondé le terrain.

Solidaris a interrogé 786 personnes de plus de 18 ans, en Wallonie et à Bruxelles, entre le 15 octobre au 30 novembre 2021.

La marge d’erreur est de ± 2,5% pour des pourcentages de 20 à 80% avec un intervalle de confiance de 95%.

"Ce qui m’a marqué, c’est à quel point la population est consciente de l’impact du réchauffement climatique, du lien entre la pandémie, les inondations et le réchauffement climatique et ce sentiment que tout est lié", remarque Delphine Ancel, responsable de l’Institut Solidaris "c’est aussi que cette pandémie a clairement marqué la vie des gens, dans leur quotidien, leur rapport à la société, qu’ils ont des attentes très fortes par rapport à la vie en société et par rapport à l’Etat, un Etat qu’ils considèrent comme défaillant".

Le covid : une déflagration dans nos vies

Près d’un individu sur deux a vraiment eu peur de mourir et craint aujourd’hui encore qu’un variant touche les enfants. À tel point que près d’un sondé sur deux hésiterait à faire des enfants si la question se posait.

Malaurie Gallez

Les résultats du sondage mettent clairement en évidence ce que tout le monde suspectait déjà : les femmes, les jeunes, les personnes en situation de précarité sont les plus affectés. Ils sont plus soumis au poids de la charge mentale, rencontrent plus de difficultés économiques, se sentent méprisés et craignent d’être déclassés socialement et culturellement.

2 Belges sur 3 se disent dorénavant transformés, ils ne veulent plus vivre dans des conditions de travail aussi stressantes et réfléchissent à la société dans laquelle ils ont envie de vivre.

Et pour 8 individus sondés sur 10, l’avenir est incertain. C’est une des grandes leçons de la pandémie : on sait maintenant que tout peut s’effondrer du jour au lendemain et dans la même proportion, on est conscient que cela a creusé les inégalités.

Malaurie Gallez

Méfiance généralisée et bisbrouille en famille

Les Belges se méfient les uns des autres. Ils ont le sentiment qu’ils ont été "montés" les uns contre les autres. On a donc assisté à un repli sur soi, un Belge sur deux constate heureusement qu’une solidarité de proximité s’est mise en place.

3 Belges sur 10 avouent que des tensions sont nées avec leurs proches et que cela va laisser des traces.

 

Mallaurie Gallez

La faute au système

La pandémie n’est pas tombée du ciel.

Pour plus de 6 Belges sur 10, les récentes pandémies sont la conséquence des activités humaines qui provoquent la déforestation, bousculent les écosystèmes, ce qui favorise la transmission de nouvelles maladies aux hommes.

Dans cette optique, la pandémie est un lanceur d’alerte.

Il faut dire stop aux pratiques productivistes que 8 Belges sur 10 attribuent au système économique et financier. La méfiance envers le système s’est largement amplifiée ces dernières années.

Malaurie Gallez

La presse n’est pas épargnée, elle est accusée d’avoir entretenu un climat de peur. Les réseaux sociaux, eux, sont accusés d’avoir diffusé des fausses informations.

Malaurie Gallez

Les dirigeants politiques en prennent aussi pour leur grade. Mais les Belges ne sont pas résignés et demandent à l’Etat de prendre des mesures.

Il est urgent d’agir et d’impliquer les citoyens

7 à 8 individus sur 10 estiment que l’Etat ou le gouvernement n’a pas pris la mesure de la catastrophe au départ et s’est montré totalement impréparé.

Une majorité de citoyens a eu l’impression de subir la situation et d’être infantilisés. Des citoyens pourtant convaincus que sans l’inventivité des gens de terrain, il y aurait eu encore davantage de victimes, de détresse et de drames. Des gens de terrains qui globalement n’ont pas été suffisamment écoutés.

La défiance est plus que perceptible envers l’Etat et aujourd’hui les citoyens veulent autre chose.

Pour une majorité de personnes, il est important que l’Etat agisse par rapport aux risques que nous connaissons, mais il est aussi urgent de repenser la démocratie.

Malaurie Gallez

Les Belges en grande majorité ne se sentent pas représentés par le système démocratique, la gouvernance verticale a vécu. Il faut impliquer les citoyens dans les débats et une large majorité des répondants est même favorable à l’idée que des citoyens soient tirés au sort pour débattre avec des experts et donner des avis aux dirigeants politiques

 

Malaurie Gallez

Les Belges aspirent à ce que les citoyens retrouvent du pouvoir, une capacité à s’exprimer, à dialoguer, à chercher ensemble des solutions. Bref de repartir de la base, de l’horizontalité.

"La bonne nouvelle, c’est que les citoyens ne sont pas résignés, ils demandent de l’action, mais ils veulent participer au débat, être entendus", dit Delphine Ancel. "Ils demandent à l’Etat de construire les solutions avec eux."

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