Les Magritte du Cinéma

Thierry Michel est le Président des Magritte du Cinéma 2022

Thierry Michel est le président de la 11e Cérémonie des Magritte du Cinéma

© E. Laurent

07 févr. 2022 à 13:35 - mise à jour 07 févr. 2022 à 13:36Temps de lecture3 min
Par Magritte du Cinéma

Attentive depuis sa création à l’histoire et l’incroyable vitalité du cinéma documentaire belge, l’Académie André Delvaux est très honorée d’accueillir pour la Présidence de la 11e édition de la Cérémonie des Magritte du Cinéma le cinéaste belge Thierry Michel, fer de lance du cinéma documentaire en Belgique.

Le cinéma documentaire a toujours été présent aux Magritte du Cinéma. Le palmarès des 10 œuvres primées lors de leurs 10 premières éditions témoigne de son incontestable dynamisme et de sa riche diversité, d’une capacité aussi des cinéastes belges à porter leur regard aussi bien sur leurs terres qu’au-delà de leurs frontières. Une tradition forte de cinéma documentaire, nourrie de grands et nombreux talents, et perpétuée année après année par de nouvelles générations bien décidées à continuer d’observer avec pertinence et acuité nos sociétés contemporaines.

Thierry Michel, réalisateur de "Mobutu roi du Zaïre" président de la 11e édition des Magritte du Cinéma

C’est pourquoi l’Académie André Delvaux a décidé cette année de créer un nouveau prix consacré à ces cinémas effervescents, le Magritte du Meilleur court métrage documentaire. C’est pourquoi aussi l’Académie a proposé à Thierry Michel d’assurer la présidence de cette 11e édition de la Cérémonie des Magritte du Cinéma.

De "Pays noir, pays rouge" à "L'empire du silence"

Depuis près de 50 ans, Thierry Michel construit une œuvre cinématographique dense et ouverte sur le monde, en écho aux grandes questions qui le traversent.

Né en 1952 à Charleroi, en plein Pays Noir, passionné de photographie, il s’engage dès l’âge de 16 ans dans des études de cinéma à l’IAD, où il croise Henri Storck ou Paul Meyer. Très vite, il se tourne vers un cinéma socialement et politiquement engagé, un cinéma en prise avec le réel, qui en décortique les enjeux et les mécanismes. Il réalise alors "Pays noir, pays rouge," ancré dans ses terres, puis "Chroniques des saisons d’acier", s’inscrivant de plain pied dans l’école documentaire belge initiée en 1933 par le "Misère au Borinage" d’Henri Storck justement.

Dans un premier temps, il alterne documentaire et fiction (Hiver 60 notamment, sur les grandes grèves wallonnes), mais toujours avec le souci d’être au plus près du réel.

Rapidement cependant, il décide de promener sa caméra loin de ses frontières, d’aller chercher ailleurs ce qu’il ne trouve plus en Wallonie. Il s’arrête au Brésil, où il tourne "A fleur de terre" et "Gosses de Rio". Il y découvre la culture noire, qui l’entraîne pour la première fois sur le continent africain, où il tourne "Zaïre, le cycle du serpent". Le début d’une longue histoire cinématographique qui hantera son oeuvre durant plus de 30 ans, jusqu’à son dernier film, "L’Empire du Silence", actuellement en salle.

Il fera quelques incartades à sa passion pour le Congo, notamment avec deux films qui remportent un vif succès, "Donka", "radioscopie d’un hôpital africain", tourné en Guinée, et "Iran, sous le voile des apparences", qui capte le contraste déchirant entre la ferveur religieuse des uns et la soif de liberté des autres.

Les Magritte du Cinéma
Les Magritte du Cinéma © Magritte du cinéma

Ces 5 dernières années, il opère un retour en ses terres natales pour s’intéresser à sa jeunesse, dans "Enfants du Hasard", portrait des jeunes générations issue de l’immigration, ces petits fils de mineurs, filmés un an durant lors de leur dernière année d’école primaire, puis "L’Ecole de l’impossible, fragments de vie", axé sur leur adolescence.

Mais son coeur de cinéaste est resté au Congo. Après "Zaïre, le cycle du serpent", il y a tourné notamment "Mobutu, roi du Zaïre", dont on connaît le succès international, mais aussi "Congo River", "Katanga Business", "L’Affaire Chebeya, un crime d’état ?" puis "L’Irrésistible ascension de Moïse Katumbi".

En 2016, il dresse le portrait d’un résistant, le docteur Denis Mukwege, gynécologue congolais qui soigne les femmes victimes d’abus sexuels, dénonçant la violence des bourreaux, et la résilience des victimes, dans "L’Homme qui répare les femmes - la colère d’Hippocrate". Le film voyage dans le monde entier. En 2018, le Docteur reçoit le Prix Nobel de la Paix. Lors de son discours officiel à Oslo, il insiste sur l’impunité dont bénéficient les criminels de guerre congolais. Et ose donner des noms. C’est avec cette volonté de rompre ce cycle d’impunité que Thierry Michel réalise L’Empire du Silence, son dernier film actuellement en salle, qui vient clore son aventure humaine et cinématographique avec le Congo, pour mettre des images et des mots sur cette guerre qui ne dit pas son nom, et ravage le pays le plus riche du continent depuis plus d’un quart de siècle.

L’Académie André Delvaux et la RTBF sont fiers de confier la présidence de la 11e édition de la Cérémonie des Magritte du Cinéma à Thierry Michel, qui succède ainsi à Pascal Duquenne, Patar & Aubier, Natacha Régnier, Virginie Efira, Marie Gillain, François Damiens, Emilie Dequenne, Yolande Moreau et Bertrand Tavernier.

Rendez-vous le samedi 12 février en direct sur La Trois et Auvio pour la 11e Cérémonie des Magritte du Cinéma. 

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