Politique

Thomas Dermine à propos du budget : la fiscalité est "un moyen pour augmenter les bas et les moyens salaires"

L'invité de Matin Première : Thomas Dermine

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26 sept. 2022 à 07:27Temps de lecture3 min
Par Estelle De Houck, sur base de l'Invité de Matin Première de Thomas Gadisseux

La Belgique est à un carrefour en ce moment, celui du budget. L’objectif : faire les comptes pour les deux prochaines années puisqu’à tous les niveaux de pouvoir, les élections ont lieu en 2024. Alors, quelles sont les priorités du Parti socialiste ? Pour répondre à cette question, Thomas Dermine, secrétaire d’État pour la Relance et les Investissements stratégiques et adjoint au ministre de l’Economie et du Travail, était l’invité de Matin Première.

Sur la table, la question de la prolongation des mesures conjoncturelles. Des aides telles que la baisse de la TVA sur l’électricité, le tarif social… Pourront-elles être prolongées ad vitam aeternam ? En avons-nous les moyens ? "Je pense qu’aujourd’hui, c’est une question d’urgence. Il y a des priorités à courts termes qui sont d’aider les ménages à traverser cette crise sans précédent en matière énergétique", répond Thomas Dermine.

Prendre des mesures de trois mois en trois mois relève du supplice chinois

Le Parti socialiste est notamment pour le maintien de la TVA à 6% sur l'énergie. Selon le secrétaire d'Etat, il est d'ailleurs "très mauvais" de remonter cette TVA, alors que la plupart des ménages ne savent pas comment payer leur facture d'électricité. Même s'il reconnaît qu'il est important de réévaluer les mesures dans ce contexte d'une contrainte budgétaire forte.

"On va aider les ménages à passer l'hiver avec des mesures, quoi qu'il en coûte, pour soutenir le pouvoir d'achat. Prendre des mesures de trois mois en trois mois relève du supplice chinois. Si les libéraux veulent remonter la TVA à 21%, qu'ils le disent et on discutera..."

Si l’on regarde de plus près le budget : le déficit actuel est de 4% du PIB, soit 23 milliards d'euros. Certes, ces chiffres inédits s’expliquent à cause des différentes crises que nous avons vécues, mais où allons-nous trouver l’argent ?

Selon Thomas Dermine, une des solutions est d'adopter une réforme fiscale. "Aujourd’hui, si on veut faire cette grande bascule qui non seulement accélère la transition et non seulement nous engage dans la souveraineté énergétique, et bien il faut investir massivement. Il faut donc faire une réforme fiscale", répond le secrétaire d’État.

La justice fiscale, c’est quand chacun sans exception contribue à la hauteur de ses moyens.

"La justice fiscale, c’est quand chacun sans exception contribue à la hauteur de ses moyens. Et donc il y a des choses incompréhensibles en Belgique : c’est incompréhensible qu’on paie très vite des impôts sur les revenus du travail, par contre c’est inexplicable qu’un euro de revenu mobilier ne soit pas taxé de la même façon qu’un euro de revenu du travail.

Autre source potentielle de recette : taxer le capital. En effet, Thomas Dermine estime qu’il faut pouvoir "réorienter la fiscalité pour l’augmenter de quelques points sur les deux-trois pourcents de la population qui sont les plus nantis."

"Ce gouvernement a déjà introduit une sorte de taxation sur le capital", ajoute le secrétaire d’État. "On est le deuxième pays en Europe, après le Danemark, à réintroduire ce genre de taxation sur le capital avec la taxe comptes titres. Il y avait un rendement attendu de l’ordre de 300 millions… On a récolté 400 millions. Cela montre qu’on peut le faire."

La fiscalité peut être un moyen pour augmenter les bas et les moyens salaires.

Tout ça, c’est pour combler les trous du budget ? Ou pour doper le salaire des classes moyennes qui ne bénéficient pas du tarif social mais qui doivent subir la crise énergétique de plein fouet ? "Les deux", répond Thomas Dermine. "On prend des mesures d’aide qui sont des mesures temporaires. Mais on sait que la seule mesure structurelle au-delà de la crise énergétique actuelle est de faire évoluer les salaires."

Et, selon le secrétaire d’État : "la fiscalité peut être un moyen pour augmenter les bas et les moyens salaires."

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