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Thomas Gunzig inaugure 2022 dans "Sous Couverture"

Thomas Gunzig entouré de Lucile Poulain et de Thierry Bellefroid
14 janv. 2022 à 11:44Temps de lecture3 min
Par Sous Couverture

La vie est drôle. Rien ne nous permet d’espérer et en même temps, rien ne nous permet de désespérer.

Vous êtes peut-être tombé sur cette citation affichée en grand sur la tour des Finances  pendant les vacances de Noël. C’est avec son auteur, Thomas Gunzig que Thierry Bellefroid et Lucile Poulain entament 2022 dans Sous couverture. Il vient leur parler du  Sang des bêtes  (Ed.Le Diable Vauvert), son neuvième roman, sans doute le plus personnel.

Tom, la cinquantaine, vendeur dans un boutique de compléments alimentaires, a le vague à l’âme. Son mariage bat de l’aile. Son fils avec qui il a de gros soucis,  revient vivre chez lui après le départ de sa copine. Idem pour son père, rescapé de la Shoah et atteint d'un cancer. Un jour, Tom est témoin d’un acte de violence à l’encontre d’une jeune femme, il la sauve, la ramène chez lui.  Le voici avec un problème en plus à gérer.  Elle est sans papiers. Et pour cause ! Elle est une vache génétiquement modifiée…

Thomas Gunzig aime mettre un personnage en proie au doute par rapport à sa propre existence dans une situation donnée et voir ce qu’il peut se produire d’intéressant dans sa vie.

J'aime faire des expériences, un peu comme des expériences chimiques

Un goût hérité de son père scientifique ? Peut-être bien. Quoiqu'il en soit, l'auteur affectionne les personnages au bord du gouffre car "ce sont les seuls à faire une histoire."

"Le sang des bêtes" de Thomas Gunzig
"Le sang des bêtes" de Thomas Gunzig © Tous droits réservés

Les seuls aussi à permettre d’aborder des thèmes qui lui sont chers comme ceux de la norme et de la normalité. Difficile de croire en voyant cet homme de 51 ans au regard vif et à la boucle mousseuse qu'à cinq ans, le petit Thomas a été considéré comme "anormal" et qu’il a commencé sa scolarité dans l’enseignement individualisé avec des enfants à problèmes. Très vite, il s’est donc posé des questions sur la différence, sur la norme, sur ce qui fait qu’on est d’un côté ou de l’autre de la frontière. Et ce n'est pas que d'un point de vue psychologique que le jeune Thomas s'est senti différent. Dés son plus jeune âge aussi, son père lui a parlé de la déportation, de son propre père, mort dans un camp, de la judaïté, et de tous les qualificatifs qui sont attribués aux Juifs. Petit et chétif, la question du corps l'a aussi beaucoup taraudé à une époque où Schwarzenegger et Stallone squattaient les écrans.

Depuis, Thomas Gunzig n'a eu de cesse de se prouver à lui et aux autres qu'il était "normal", qu'il n'était pas l'idiot qu'on avait voulu faire croire. Il commence par pousser les portes d'une salle de sport. Il devient rapidement ceinture marron de karaté. En 2008, en pleine Foire du livre de Bruxelles, il a même défié en duel son éditeur de l'époque, Luc Pire avec à la clé, la récupération de ses droits d'auteurs. Victoire ! Aujourd'hui encore, il est un grand fan d'arts martiaux et n'hésite pas à parler de sa dernière passion, le Jiu-jitsu brésilien.

Après des études de Sciences politiques, pendant lesquelles il écrit déjà son premier livre Situation instable penchant vers le mois d’août, il devient libraire pendant une dizaine d'années avant d"entamer une carrière de professeur à La Cambre et à Saint-Luc. 

Il obtient le Prix Victor Rossel en 2001 pour son premier roman Mort d'un parfait bilingue. Huit  romans suivront, des recueils de nouvelles, des livres jeunesse, du théâtre,  une collaboration avec Jaco Vandormael pour le scénario du "Tout Nouveau Testament" qui lui vaudra un Magritte du meilleur scénario en 2016.

L'humour pour affirmer sa dignité

Séduite par son humour caustique et son regard acéré sur la société, le RTBF a rapidement fait appel à lui. D'abord en tant que chroniqueur au Jeu des dictionnaires. Puis en 2010, dans Matin Première où il ravit les auditeurs avec son Café serré. Il avoue d'ailleurs être complètement "addict aux réactions positives" en réponse à ses chroniques.

Véritable touche-à-tout, Thomas Gunzig réussit à surprendre à chaque fois avec comme principal fil rouge, l'humour.

L'humour, c'est une façon de dire dans les pires moments, qu'il nous reste un minimum de dignité

Sous couverture

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