Théâtre

Tiago Rodrigues, le nouveau patron du Festival d’Avignon, au Théâtre de Liège cet hiver

Tiago Rodrigues

© Joël SAGET / AFP

20 sept. 2022 à 13:19Temps de lecture1 min
Par Belga

Ses professeurs au Conservatoire à Lisbonne ne croyaient pas en son talent pour les planches et il n’a jamais rêvé d’être dramaturge, mais c’est comme si les fées du théâtre s’étaient penchées sur le berceau de Tiago Rodrigues, le nouveau directeur du Festival d’Avignon.

Premier étranger à être nommé à la tête de la prestigieuse manifestation théâtrale depuis sa fondation par Jean Vilar en 1947, ce Portugais de 45 ans préfère parler de "coïncidences poétiques" qui ont jalonné sa vie.

Comme ce "début d’un amour mutuel" en 2015, quand il est venu pour la première fois dans la cité des papes pour présenter sa version d'"Antoine et Cléopâtre" de Shakespeare. "Venir à Avignon, c’est comme si on rencontrait Antigone. J’ai été bouleversé, je suis tombé amoureux et, là, on s’est marié", plaisante-t-il dans un entretien avec l’AFP.

L’artiste, dont le débit de parole rapide tranche avec le calme qu’il dégage, a beaucoup de projets pour "le plus beau festival au monde", à commencer par "une langue invitée" chaque année.

Pour sa première édition en juillet 2023, "ça sera l’anglais, avec plusieurs pièces" venant par exemple de Grande-Bretagne, du Nigeria ou d’Afrique du Sud, "pour redécouvrir la diversité de cette langue dominante, ses grands trésors culturels mais aussi ses problèmes historiques et coloniaux".

A l’heure du Brexit, "nous avons le devoir en Europe de créer de nouveaux tunnels, de nouveaux ponts".

De nouvelles passerelles aussi avec des artistes qui auraient "une vision opposée du théâtre" que la sienne : "On doit se permettre une contradiction esthétique et même politique", martèle-t-il.

Il compte approfondir le travail déjà entamé par son prédécesseur, Olivier Py, pour faciliter l’accès au festival des jeunes et du public éloigné en instaurant une sorte de "première fois à Avignon"; et développer la "conscience écologique" en favorisant "les pratiques durables" au niveau de la production des spectacles.

Les amateurs de théâtre le connaissent bien depuis "By Heart" (2014), lorsqu’il fait apprendre aux spectateurs par cœur le sonnet 30 de Shakespeare. Cet hiver, il présentera notamment "Catarina et la beauté de tuer des fascistes" au Théâtre de Liège.

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