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Tinne Van der Straeten : "La Belgique va être le premier pays à avoir une île énergétique en Mer du Nord"

26 avr. 2021 à 07:59Temps de lecture3 min
Par Adeline Louvigny

5.9 milliards : c’est le montant dont bénéficiera la Belgique, de la part de l’Union européenne, pour son plan de relance.
La ministre de l’Énergie Tinne Van de Straeten (Groen), était sur le plateau de La Première afin de détailler les mesures qui concernent la transition énergétique.

Un des grands axes de cette politique énergétique belge, c’est l’offshore, soit la production d’énergie en Mer du Nord. "On va construire en mer du Nord une île énergétique multifonctionnelle qui va interconnecter nos éoliennes, mais permettra aussi le stockage et la production d’hydrogène vert. Et on sera le premier pays qui aura une telle île énergétique en mer du Nord" a précisé la ministre, soit avant le Danemark. En termes d’innovation énergétique, l’Europe compte en effet mettre le paquet sur l’hydrogène vert : elle l’a placé comme acteur majeur de sa transition vers la neutralité carbone d’ici 2050.


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Mais au final, 6 milliards d’euros, c’est très peu alors que la Belgique doit réinventer sa politique énergétique. "Oui" reconnaît la ministre Groen, "mais on voit qu’il y a beaucoup d’investissements vont se faire dans le domaine énergétique, ces moyens publics vont donner cette petite poussée pour faire en sorte que ces investissements se multiplient, et pour avoir des résultats concrets."

"La transition énergétique, ce n’est pas que l’énergie ou le changement climatique, ce sont de grands investissements dans le confort et la santé. Imaginez des heures de pointe silencieuse car tous les véhicules sont devenus électriques"

Un des points d’orgue de la politique énergétique du gouvernement De Croo, c’est le maintien de la sortie du nucléaire d’ici 2025. Des milliers d’emplois sont menacés, mais Tinne Van der Straeten l’assure, ces compétences pourront être utilisées dans d’autres domaines que l’énergie, notamment la médecine nucléaire. "On a deux entités de recherche innovatrices en Flandre et en Wallonie, avec SCK-CEN à Mol et l’IRE à Fleurus, qui travaillent avec des radio-isotopes. Il y a par exemple des projets pour utiliser ces radio-isotopes en produisant moins de déchets, et avec l’ambition de guérir des gens du cancer."

Va-t-on vraiment sortir du nucléaire ?

Comment assurer l’approvisionnement énergétique en Belgique sans ses centrales nucléaires ? Un mécanisme de soutien est en train d’être développé : le mécanisme de rémunération de capacité, qui vise à soutenir les "fournisseurs de capacité" en énergie. C’est la clé de voûte pour commencer la transition, alors que l’avenir énergétique post-nucléaire sera dans un premier temps synonyme de centrales au gaz. "La loi est prête, le mécanisme d’implémentation est prêt, la vice-présidente de la Commission européenne doit encore l’approuver, mais on est en bonne voie. Mais on sera prêt, le timing est ambitieux est serré, mais il est faisable."

Et de préciser que les investissements ne doivent pas uniquement se faire dans la production, mais aussi le stockage de l’énergie. "Par exemple, il y a actuellement des travaux au barrage de Coo, la centrale est en révision et c’est la première fois en 50 ans que les deux bassins sont vides."

Et si la Belgique n’est pas prête à vivre sans ses centrales en 2025 ? "Un système de réévaluation est prévu, s’il y a un problème, toutes les options sont sur la table."

"Ne pensons pas trop à ceux qui nous ont précédés"

Depuis 2003, les gouvernements successifs ont tenté de mettre en place une politique de transition énergétique, sans grand succès. Mais la ministre actuelle de l’Énergie se tourne résolument vers l’avenir, et même si elle reconnaît le manque d’anticipation de ses prédécesseurs, clame quelle ne veut pas "rester dans le passé, le futur est devant nous, 2030 c’est demain, il faut s’y mettre maintenant pour y arriver. Il y a des opportunités, des solutions, alors ne pensons pas trop à ceux qui nous ont précédés."

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