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Tom De Mul, jambes de feu, corps en cristal : itinéraire d'une carrière avortée avant d'avoir réellement commencé

Tom De Mul, itinéraire d'un talent gâché.

© ERIC LALMAND - BELGA

23 sept. 2020 à 12:22 - mise à jour 23 sept. 2020 à 12:22Temps de lecture4 min
Par Antoine Hick

Il était  considéré comme l’une des plus belles promesses du football belge. Il était même appelé à devenir le titulaire indiscutable des Diables rouges. Pourtant, Tom De Mul n’a jamais connu la carrière qu’on lui promettait. La faute à un corps chancelant qui aura finalement eu raison des objectifs qu’il s’était fixés, malgré un vrai talent intrinsèque. Récit.

Tom De Mul, c’est l’histoire d’un gamin ultra précoce, qui cède très tôt aux scintillantes sirènes de l’étranger. A 15 ans, il quitte le Germinal Beerschot et lève les voiles direction l’Ajax Amsterdam. Son but ? Y parfaire sa formation dans un pays qui vénère les jeunes joueurs.

Après deux ans en couveuse, sous l’aile protectrice de Thomas Vermaelen, débarqué un an plus tôt, Tom De Mul connaît son baptême du feu en Eredivisie. Le 25 janvier 2004, alors qu’il n’a que 17 ans, il dispute ses premières minutes sous la prestigieuse vareuse ajacide. Quelques mois plus tard, il est propulsé titulaire pour entamer la saison 2004-2005 et inscrit sa première rose sur la pelouse de Twente. Lentement mais sûrement, cette nouvelle tête, De Mul, commence à intriguer et à faire son trou parmi les Ibrahimovic, Sneijder, Van der Vaart ou Pienaar à l’Ajax.

Pourtant, après six petits matches, il connaît un premier coup d’arrêt et une vilaine blessure qui le tiendra éloigné des terrains pendant de longs mois. Impatient, De Mul ronge son frein en tribunes, accablé par un corps qui le trahit déjà. Lors de ses deux premières saisons à l’Ajax, il ne dispute que 8 petits matches. Il faut même attendre la saison 2005-2006 et un prêt à Vitesse pour retrouver le “vraiDe Mul. Celui qui, par sa vitesse, sa technique et ses dribbles peut décapsuler n’importe quelle défense.


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La tête libre, le corps qui répond enfin, il réalise une saison pleine (28 matches pour 2 buts et 4 assists). La situation reste la même à son retour de prêt. 28 matches disputés avec l’Ajax et (enfin) un minimum de continuité.

Ses bonnes prestations éveillent l’intérêt d’autres championnats. A l’aube de l’été 2007, il paraphe un contrat de 5 ans avec le FC Séville. Une rampe de lancement définitive estime-t-on alors, mais qui va, malheureusement pour lui, vite se transformer en voie de garage.

9 matches entre 2007 et 2012 avec Séville

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Parce qu’à Séville, l’immuable propriétaire du flanc droit se nomme Jesus Navas, enfant de la maison et chouchou des supporters. Difficile donc pour De Mul de s’y frayer une place au soleil. En deux saisons, son tableau de chasse statistique reste bien maigrichon : 9 petits matches disputés, 0 titularisation et un petit but. A 23 ans, sa carrière sinusoïdale patine déjà.

Seule la formidable épopée avec les Diablotins lors des Jeux Olympiques Espoirs de Pékin (ils finiront 4e) lors de laquelle il fait partie des incontournables de Jean-François de Sart (6 titularisations en 6 matches) lui permet de se dégourdir les jambes et de retrouver cette confiance qui semblait le fuir. C’est donc l’esprit revanchard et ambitieux qu’il débarque en prêt à Genk en janvier 2009. Alors qu’à 23 ans, d’autres entament seulement leur longue ascension vers les sommets, De Mul, lui, est en rappel, à la recherche d’une salvatrice relance.

Pour son premier retour en Belgique, De Mul a six mois pour retrouver ses cannes ajacides. Aux côtés de Stein Huysegems, autre éphémère Diable rouge au parcours chahuté, il forme un détonnant binôme et réussit globalement son retour au bercail : 4 buts et 5 passes décisives en 12 matches et une Coupe de Belgique glanée avec Genk.

Malheureusement pour lui, il retombe sur terre dès son retour à Séville. Toujours barré par Navas et miné par de persistantes blessures, De Mul oscille entre le banc… et la tribune. Une statistique symbolise d’ailleurs ce cruel séjour andalou : entre 2007 et 2012, il n’aura disputé que 9 rencontres avec Séville et n’aura… jamais disputé les 90 minutes d’un match.

Dans une course contre la montre et les blessures, De Mul réédite une stratégie qui lui avait souri quelques mois plus tôt : revenir aux sources, en Belgique, au Standard cette fois-ci. "Je veux retrouver la joie de jouer" clame-t-il lors de sa présentation. Pourtant, le sort s’acharne, De Mul est gravement touché aux adducteurs… et ne vêtit pas une seule fois la vareuse liégeoise. L’illustration d’une carrière faite de trop éphémères hauts et de bas déchirants.

Ce fantomatique passage en Bord de Meuse restera d’ailleurs comme le dernier fait d’armes de la carrière de Tom de Mul. A 26 ans à peine, il est libéré de son contrat avec Séville dès son retour et se retrouve agent libre. Pendant deux ans, il tente un improbable mais infructueux come-back. Il ne trouvera jamais preneur, si bien qu’à 28 ans à peine, il accroche des crampons quasiment immaculés et met un terme à une carrière qui aurait sans doute mérité meilleur épilogue.

Aujourd’hui, De Mul s’est reconverti en un agent de joueurs respecté. "J’ai trouvé mon truc" expliquait-il il y a quelques mois aux côtés de son nouveau poulain Jan Vertonghen. Après plusieurs années loin des prés, De Mul semble enfin avoir trouvé de la continuité. Cette même continuité qui lui avait tellement manqué pendant sa carrière de joueur.

 

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