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Tourisme : Découvrez l’abbaye d’Aulne près de Thuin, dans la « Vallée de la Paix »

27 mars 2022 à 04:51Temps de lecture3 min
Par Carine Bresse

Dans la " Vallée de la Paix ", un monastère en ruine en bord de Sambre attire chaque année les curieux en quête d’histoire et de nature. Ces touristes d’un jour ou habitués des lieux viennent s’imprégner de l’ambiance singulière de l’abbaye d’Aulne à Gozée. Haut lieu touristique du Hainaut, patrimoine exceptionnel de Wallonie, l’abbaye et ses paysages environnants offrent un dépaysement total et paisible. La rivière lui confère un air de vacances comme on les aime.

 

Un brigand serait à l’origine de l’abbaye

Landelin, un brigand notoire, revient s’installer sur les lieux de ses méfaits dans l’espoir de voir ses fautes rachetées. Dans la foulée de son repenti, il se convertit au christianisme et fonde Aulne, à quelques lieues de Lobbes. A l’origine bénédictine, l’abbaye essuie les affres de nombreuses invasions. En 1147, rattachée à la principauté de Liège, elle devient cistercienne, obéissant à l’ordre de Clairvaux.

Pour brosser le portrait de son histoire et explorer les confins de son origine, il faut remonter en 657, année de fondation du monastère bénédictin en lieu de place où Saint Landelin avant planté une croix un an plus tôt. Les moines à l’origine de création de l’abbaye avaient opté pour ce site en raison de sa paix et sa quiétude.

Le monastère cistercien fondé en 1147 est détruit en 1794. De l’imposante construction, il reste d’imposants pans de mur de l’église gothique qui ne laisse aucun doute sur ses origines à celles et ceux qui découvrent l’endroit.

 

Que s’est-il passé le 14 mai 1794 ?

Retrouvant la prospérité des années 1730, l’abbaye semble en avoir terminé avec les périlleuses années de guerre qui l’ont accablée pendant plusieurs décennies. D’importants travaux sont entrepris pour reconstruire les bâtiments.

Au 18ème siècle, celle qui symbolise la puissance des communautés religieuses tombe à nouveau aux mains de soldats et révolutionnaires. Le 14 mai 1794, un incendie ravage le monastère. Les armées françaises l’auraient embrasé soupçonnant la présence d’ennemis potentiels dans ses murs.

Vendues au détail comme biens nationaux, les ruines du domaine sont recyclées pour diverses constructions et reconstructions comme la canalisation de la Sambre ou l’assiette de la ligne ferroviaire Charleroi-Nord de la France. Sous les yeux afférés des gens du coin, la façade s’écroule en 1896.

Un peu moins d’un siècle plus tard, en 1991, l’ancienne abbaye, les terrains environnants et la ferme sont, à juste titre classés, au Patrimoine exceptionnel de Wallonie.

Saint Bernard, un fervent moine cistercien originaire de Clairvaux au Grand-duché de Luxembourg, aurait marqué l’histoire des lieux. Avec 12 disciples et de nombreux compagnons bâtisseurs, il a voulu rendre au bâtiment sa superbe d’origine. Les compagnons étaient notamment rémunérés en bière !

 

Un réseau hydraulique de 3 km

Sous les ruines, un imposant réseau hydraulique est presque entièrement conservé depuis plusieurs siècles. Les moines cisterciens l’ont créé pour leur confort en pompant l’eau potable des bois, une eau de pluie qu’ils utilisaient pour s’abreuver, nettoyer les latrines, oxygéner les bassins de leurs six viviers,  … Les eaux usées étaient déversées dans la Sambre contiguë.

On admire les pierres mais on ignore ce gigantesque réseau hydraulique de plus de 3 km aussi solide que délicat en raison des possibles infiltrations qui pourraient le fragiliser. Un spéléologue, mandaté par la Région wallonne scrute les moindres changements et éboulements dus aux infiltrations. Le réseau fonctionne toujours. Lors des visites guidées, près du verger, on entend encore l’eau couler.

 

Visiter l’abbaye

Peu d’événements y sont organisés afin de préserver la quiétude et le mode de vie des animaux qui y ont élu domicile comme des chauve-souris, des faucons-pèlerins et des oies notamment.

L’abbaye se visite du 1er avril au 30 septembre du mercredi au dimanche, (et les jours fériés) de 13h à 18h ainsi que les week-ends d’octobre (fermeture à 17h). Ouvert 7J/7 en juillet et août de 10h à 18h

Pour plus de balades en Belgique et ailleurs, rendez-vous dans Viva Week-end les samedis et dimanches de 6h à 9h sur VivaCité.

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