Tournai : rentrée décalée au Saulchoir fondamental, le temps de terminer le chantier

Thierry Ottevaere, administrateur, et Philippe Deschodt, directeur du Saulchoir, niveau fondamental.

© Pierre Wuidart - RTBF

27 août 2020 à 09:15 - mise à jour 27 août 2020 à 09:15Temps de lecture3 min
Par Pierre Wuidart

Vacances prolongées pour les élèves du Saulchoir, niveau fondamental, à Tournai. Ces 110 enfants de l’enseignement spécialisé maternel et primaire retourneront en classe le 7 septembre. La direction a obtenu le feu vert de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour décaler la rentrée. Il faut dire qu’un gros chantier est en cours pour aménager le bâtiment et que l’épidémie de coronavirus n’a pas facilité les choses.

"Précédemment, nous occupions un autre bâtiment à Froyennes. Mais le propriétaire a décidé de le vendre. On a dû trouver une solution. En 2018, on a découvert ce site tournaisien. C’étaient des anciens locaux de l’IFAPME, l’institut de formation", explique Thierry Ottevaere, administrateur du Saulchoir. "On l’a acheté en 2019. Et on a commencé les travaux en mai dernier".

Sanitaires, faux plafonds, châssis...

Entretemps, le coronavirus a paralysé la société, explique Philippe Deschodt, directeur du Saulchoir – maternel et primaire. "Les approvisionnements de certains produits, comme les châssis et les portes, ont été ralentis. Il a fallu le temps que les entreprises de construction retravaillent sur chantier. Et il y avait du retard à combler avant d’entamer de nouveaux projets comme le nôtre…"

Une nouvelle classe.
Rémi et Marine à la peinture.
Tetris, Lego et mécano: les déménageurs s'amusent.

Et ce n’était pas un petit chantier. "Il n’y avait qu’un bloc sanitaire. Je ne sais pas comment ils faisaient. Et transformer un atelier de boucherie ou de boulangerie en classe, ce n’est pas une mince affaire". Thierry Ottevaere, par ailleurs architecte, a suivi de près le projet. "Au niveau acoustique, ces locaux n’étaient pas adaptés pour accueillir des enfants qui crient et qui pleurent. Il a fallu poser des faux plafonds". Au rez-de-chaussée, les classes destinées aux enfants polyhandicapés ont été redessinées. Des portes adaptées ont été posées.

Parents et professeurs jouent les déménageurs

Quant aux meubles des anciennes classes, ils ont dû être entreposés dans six conteneurs posés au milieu de la cour, car l’ancienne école devait être vidée pour fin juin. Aujourd’hui, parents et professeurs les vident pour installent le matériel dans les premières classes disponibles. "Je viens, car c’est normal d’aider les profs", explique Nathalie Mpamparakos, maman d’une élève, Lola. "C’est motivant et l’équipe est chouette".

Fabienne Fontaine, professeure d’éducation physique coordonne les troupes et met la pression : "On fait comprendre aux ouvriers qu’ils doivent aller plus vite pour nous laisser la place. A notre tour, maintenant !" Depuis le 17 août, les professeurs effectuent aussi divers travaux comme des abattages de murs ou de la peinture.

"Une belle histoire humaine"

"Comme architecte, j’ai géré pas mal de chantiers. Mais celui-ci restera une belle histoire humaine", sourit Thierry Ottevaere qui insiste sur "la solidarité entre le personnel, les professeurs, les parents, les entreprises, la direction et le conseil d’administration. Tout le monde a joué le jeu."

Quand elle n'est pas déménageuse, Fabienne Fontaine est prof de gym.
Quand elle n'est pas déménageuse, Fabienne Fontaine est prof de gym. RTBF - P.W.

Un délai supplémentaire sera malgré tout nécessaire pour permettre d’organiser une rentrée plus sereine. "Cohabiter avec des ouvriers qui tronçonnent ou qui creusent un égout, ce ne serait pas l’environnement idéal", estime le directeur. "Les parents apprécieront que leurs enfants arrivent dans une école et pas dans un chantier". Un projet financé sur fonds propres à hauteur d’un million trois cent mille euros (800.000 euros pour l’achat du site, 500.000 pour les travaux). "Il n’y avait pas de temps à perdre, donc on n’a pas attendu d’avoir des possibilités de subsides".

Quatorze classes entièrement rénovées attendent les 110 élèves de cette section du Saulchoir. Muriel Samin, la directrice de l’école secondaire du Saulchoir insiste : la rentrée différée d’une semaine ne concerne que les élèves de l’école fondamentale, celle qui accueille les enfants de 4 à 12 ans. La rentrée des élèves du secondaire, s’effectue bien, elle, à la date normale.

Chantier solidaire au Saulchoir

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Articles recommandés pour vous