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Tout le Baz'Art d'Alice on the roof, commencer avant d’être prête

Tout le Baz'Art d'Alice on the roof

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27 avr. 2021 à 15:02 - mise à jour 27 avr. 2021 à 15:12Temps de lecture2 min
Par Patrick de Lamalle

Est-ce ainsi que tout commence ? Quand ses parents, à ses cinq ans l’inscrivent dans une chorale, les "Grillons" à Hautrange, où elle chantera jusqu’à l’adolescence des standards en tout genre et quelques tubes bienvenus de Pierre Rapsat ?

Ou quand elle part à dix-sept ans direction les Etats-Unis en Orégon, faire sa rhéto dans un petit bled perdu de quelques milliers d’habitants, Brookings, où ne comptent que deux choses, la chorale "Sea breeze" et l’église mormone de "Jésus des Saints des derniers jours" ?

Elle y apprendra à parler l’anglo-américain, à moduler sa voix, de psaumes en gospels et hits à plusieurs voix, et surtout elle y gagnera un sobriquet, "Alice on the roof", une bourrade yankee à son patronyme tellement franco-belge, Alice Dutoit.

TOUT LE BAZ’ART d’Alice on the roof
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Ou plutôt la troisième saison de "The Voice", où elle atteindra la demi-finale ? Elle vient d’avoir dix-neuf ans et son coach, Marc Pinnilla avec son complice Dada la prennent sous leur aile, et dans la foulée la convainquent d’enregistrer un premier single, alors qu’elle vient de reprendre ses études d’institutrice.

Ou encore le succès de ce titre fondateur "Easy come, Easy go", rapidement disque d’or, concocté avec le londonien Tom Bram, le producteur des "London Grammar" ? La Flandre, la France et bien sûr les francophones de Belgique, succombent sous le charme de sa voix venue d’ailleurs, de son visage de lune douce, de son aura solaire, féerique et grave à la fois.

TOUT LE BAZ’ART d’Alice on the roof
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Alice se sentait-elle prête à chacune de ces étapes décisives ? Peu importe : la musique, la chanson, la scène, elle était faite pour ça. Quelques années plus tard, menées tambour battant et à toute allure, après deux albums en anglais et en français "Higher" et "Malade", dont les mélodies accrocheuses et les textes ciselés font mouche, une tournée sold-out couronnée par un concert triomphal à Forest-National, un premier rôle au cinéma très réussi dans "La dernière tentation des Belges" de Jan Bucquoy, avec Alex Vizorek, Alice on the roof peut savourer sa devise, ce mantra qui lui a toujours permis d’avancer coûte que coûte : "Commencer avant d’être prête".

TOUT LE BAZ’ART d’Alice on the roof
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Et cette fois pour son prochain album, covid aidant, elle a décidé de prendre son temps ; elle est loin d’être prête, mais elle s’y est mise : elle compose, elle écrit ; son mini-studio aménagé dans un vestiaire du stade de foot de Mons ayant fait place à un centre de dépistage, elle a dû se replier avec ses micros, ses claviers et ses ordis à la campagne, chez sa mère.

Bribes de textes, bribes de mélodies, les choses prennent forme doucement, mais parfois elle cale. Alors son recours ce sont les autres, d’autres artistes, souvent aux antipodes, mais qui lui plaisent et qu’elle rêve de rencontrer ; et pour un morceau ou pour un autre elle esquisse avec eux un pas de deux qui deviendra peut-être un jour une chanson : la guitare de Noé Prezsow, découverte belge aux Victoires de la musique ; la voix d’Adamo avec qui elle rêve de duo ; un texte d’Adeline Dieudonné dont elle a adoré "La vraie vie" à mettre en notes et en voix…

TOUT LE BAZ’ART d’Alice on the roof
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Voilà un album dont on scruterait la sortie avec impatience, mais il viendra en son temps, le temps d’Alice, comme dans les villes de Wim Wenders ou les merveilles de Lewis Carroll : comme viendra son rêve fou, une comédie musicale, à la Gene Kelly, avec falbalas, parapluies, claquettes et arabesques, qu’elle n’a même pas encore commencé à imaginer et dont elle peine à penser au titre, aussi difficile à trouver pour une revue que pour une chanson : "Alice, le soleil sur les toits" ? Qu’en pensez-vous ?

 

TOUT LE BAZ’ART d’Alice on the roof
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LA UNE, mercredi 28 avril, 23h40 - samedi 1er mai, 16h09 - jeudi 6 mai 23h35

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