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"Toute ma vie est ici" : la gare d’Obigies, une histoire de cœur et de famille pour Anne-Florence

La gare d’Obigies a été construite au début du 20e siècle.

© Clémence Dascotte

24 août 2022 à 04:03Temps de lecture1 min
Par Clémence Dascotte

Anne-Florence Biltresse vit dans la gare d’Obigies. Bien plus qu’une maison pour elle, c’est l’histoire de sa famille. Engagé par la SNCB, son grand-père découvre ce bâtiment lorsqu’il doit aller remplacer le chef de gare de l’époque. En 1928, il reprend lui-même cette fonction. Venant de Leuze-en-Hainaut, ses grands-parents ne connaissent pas le village mais en tombent rapidement amoureux. Cette affection pour le lieu se transmettra de génération en génération.

Anne Florence Biltresse devant le guichet de l’ancienne gare d’Obigies
Anne Florence Biltresse habite dans l’ancienne gare d’Obigies

Un patrimoine à préserver

En 1993, Anne-Florence rachète la gare d’Obigies. Si certaines gares sont réaménagées en gîte ou en restaurant, pas question pour elle de rénover le lieu : "L’idée est de conserver le caractère familial du bâtiment. Ma famille habite ici depuis 1928, on approche donc des cent ans et je ne me vois pas du tout modifier quoi que ce soit".

Des travaux mais il faut "garder l’âme"

L’architecture du bâtiment n’a pas changé. Comme à l’époque, l’édifice est toujours composé de deux parties : la gare et le côté résidentiel. Anne-Florence a dû réaménager la section habitable du bâtiment pour son confort de vie. Par exemple, le chauffage central et l’électricité ont été modernisés.

Les anciens quais de la gare sont désormais un espace de détente pour la famille Biltresse
Le poele à charbon et les archives de l’époque
La boite aux lettres de l’époque a été mise à l’intérieur pour être mieux conservée.

Malgré ces quelques adaptations, aucun mur n’a été percé et les pièces ont gardé la même disposition. "À l’époque où je n’étais pas propriétaire, une cheminée avait été refaite en briques modernes. Je trouvais que ça dénaturait totalement le bâtiment. J’ai fait venir un entrepreneur qui me disait que ma cheminée allait très bien. Je lui ai répondu que oui, elle allait très bien, mais qu’elle choquait ma vue. J’ai fait démonter la cheminée et j’ai demandé qu’on la remonte avec les briques d’époque".

"Chez nous, on va jouer sur le quai"

Dans la partie gare, presque rien n’a changé : le magasin, la salle des secours, les deux salles d’attente et le bureau sont encore là. Le carrelage et le recouvrement sont d’origine, le guichet et le poêle à charbon sont toujours présents. Si les rails ont été retirés et l’herbe a recouvert les quais, l’environnement ferroviaire est toujours bien présent dans l’esprit de la famille. "On ne dit jamais que l’on va jouer sur la pelouse, chez nous on va jouer sur le quai".

Gare d'Obigies (reportage audio)

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