Trafic de masques, vols à la ruse : de nouvelles formes de criminalité liées au Covid-19

Plusieurs dossiers de trafic de masques médicaux sont à l'instruction à Namur
21 avr. 2020 à 04:30Temps de lecture2 min
Par Stéphanie Vandreck

La période de confinement n’est pas une période plus calme pour le secteur de la justice. Bien au contraire. Les magistrats doivent traiter toute une série de nouvelles infractions, liées au non-respect des mesures de confinement. "Ces formes d’infractions quotidiennes, telles que les rassemblements, les déplacements non justifiés, n’existaient pas auparavant et il y en a énormément. Comme Procureur du Roi, je peux vous dire qu’il y a du boulot, car il faut s’adapter à des législations qui ne sont pas toujours très claires. Et puis, si une forme de criminalité disparaît, il y en a une autre qui apparaît. En période de confinement, la justice, et en particulier la justice pénale, continue certainement de travailler", confirme le Procureur du Roi de Namur, Vincent Macq. Ainsi, la criminalité de rue est en nette baisse : "Il est beaucoup plus difficile d’arracher le sac d’une vieille dame ou de faire du racket en rue en période de confinement. Les occasions ne sont plus là", constate le procureur. Par contre, les criminels adaptent leur modus operandi aux circonstances ou trouvent même de nouvelles niches de criminalité.

Trois dossiers à l’instruction à Namur

Les voleurs à la ruse, qui ciblent principalement les personnes âgées à leur domicile, restent actifs. Mais au lieu de se faire passer pour des policiers ou agents des eaux, ils surfent sur la vague "coronavirus" en prétendant être des représentants du ministère de la santé, par exemple. La santé inspire d’ailleurs de nouvelles formes de criminalité. Au Parquet de Namur, trois dossiers sont en ce moment à l’instruction pour trafic de masques médicaux. "Ces masques ne peuvent être vendus que moyennant certaines autorisations. On sait aussi qu’il y a énormément de gens qui veulent des masques. On a donc vu apparaître des trafics, de plus ou moins grande importance", note Vincent Macq. Une pratique qui n’est pas sans rappeler le marché noir, qu’on a connu lors d’autres époques de crise. L’enquête déterminera d’où proviennent ces masques, qui correspondent aux normes médicales et qui ne sont donc pas de simples masques en tissu, et s’ils ont été détournés de circuits de distribution officiels. Le Parquet de Namur n'est d'ailleurs pas le seul du pays à avoir ouvert ce type de dossier.

Pour un dealer, se fondre dans une foule, c’est nettement moins facile en période de confinement

Le confinement rend cela dit la tâche moins facile pour les auteurs de faits délictueux. Les rues sont désertes et les policiers nettement plus présents sur le terrain pour contrôler le respect des mesures de confinement et de distanciation sociale. La revente de drogue est ainsi devenue plus difficile aujourd’hui. "Pour un dealer, se fondre dans une foule, c’est facile en temps normal, ça l’est nettement moins en période de confinement. Des personnes contrôlées en rue dans le cadre du confinement étaient ainsi des toxicomanes en recherche de drogue ou des dealers. La vente devient plus compliquée, mais elle continue. Certains disent même que les prix augmentent un peu car le risque est plus grand pour le revendeur", poursuit le Procureur du Roi. Ce dernier confirme d’ailleurs que la situation actuelle permet à la police de tomber sur des situations sur lesquelles elle ne serait pas tombée en temps normal.

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