Justice

Traite des êtres humains sur un chantier d’Anvers : "Ce dossier n’est que la pointe de l’iceberg" selon Van Quickenborne

26 juil. 2022 à 11:11 - mise à jour 26 juil. 2022 à 12:31Temps de lecture2 min
Par Belga édité par R.V.

Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) a confirmé mardi les faits de traite d’être humains sur un chantier du port d’Anvers découvert par l’auditorat du travail. "Il s’agit d’un dossier d’une ampleur très sérieuse, rarement vue chez nous. Malheureusement, il ne s’agit là que de la pointe de l’iceberg car, selon le Global Slavery Index, il y aurait dans notre pays 23.000 personnes victimes d’exploitation ou d’esclavage moderne", commente le libéral. Selon le ministre, une partie des victimes de ce dossier a déjà pu être auditionnée, l’autre devant encore l’être.

Il y aurait dans notre pays 23.000 personnes victimes d’exploitation ou d’esclavage moderne

Le politique n’en fait pas assez

A la lumière de ce nouveau scandale, Vincent Van Quickenborne estime que le politique n’en fait pas assez face à cette problématique. Il assure que le gouvernement actuel entend toutefois y remédier en agissant sur trois terrains : la prévention, la répression et l’assistance aux victimes. En matière de prévention, un point central de signalement des victimes a été présenté pas plus tard que ce lundi, souligne-t-il. Pour la répression, le ministre rappelle que les équipes Ecosoc chargées de faire la chasse à ce genre d’exploitation sont en train d’être renforcées.

Le ministre réfute toutefois les affirmations du syndicat ABVV pour qui les sanctions pour ces délits ne sont pas assez sévères. "Les peines ne sont pas légères. Elles peuvent monter jusqu’à 15 ans de prison. Le problème, c’est que le risque de se faire prendre est beaucoup trop bas. C’est pourquoi nous voulons engager plus d’inspecteurs".

Quant à l’accompagnement des victimes, le ministre reconnaît qu’il y a un "manque structurel" de places dans les centres d’accueil, confirmant le cri d’alerte lancé un peu plus tôt dans la journée par le centre d’accueil Payoke à Anvers. Mais selon Vincent Van Quickenborne, c’est le gouvernement flamand qui est toutefois compétent pour cette matière.

Les victimes toujours auditionnées

Aucun suspect n'a encore pu être identifié dans l'affaire de traite des êtres humains sur un chantier du port d'Anvers, a indiqué mardi l'auditorat du travail. Les 55 victimes -des Philippins et des Bengalais- sont toujours auditionnées, un travail particulièrement intensif en raison du recours obligatoire à des interprètes. Selon la justice, ce travail pourrait encore prendre plusieurs jours. 

"L'objectif est de pouvoir déterminer qui doit être considéré comme leur employeur et qui est responsable de leur recrutement. Nous verrons alors quelles seront les mesures qui devront être posées" a commenté Bart Wens, l'auditeur du travail d'Anvers.

La presse flamande rapportait mardi que l'auditorat du travail anversois mène une enquête sur 55 victimes potentielles de traite des êtres humains actives sur le grand chantier de construction de l'entreprise chimique Borealis, aux abords du port d'Anvers.   Employées par un sous-traitant, les personnes concernées - des hommes d'origine philippine ou bengali - auraient perçu un salaire mensuel d'à peine 650 euros pour travailler six jours sur sept.
 

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