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Societe

Traitement contre le cancer: mobilisation pour réclamer un remboursement de n'importe quel couvre-chef en lieu et place de la perruque

Une patiente venue faire un essayage chez Fabienne Delvigne.
12 mai 2022 à 13:382 min
Par C. Biourge avec A. Delvoye et E. Boever

Près de 65% des patients traités pour un cancer sont atteints d’alopécie. Autrement dit, d'une perte de cheveux. Un effet secondaire bien connu des traitements pour lutter contre cette maladie.

Et si certains patients optent pour une perruque, souvent très chère (surtout si c'est avec de vrais cheveux) et partiellement remboursée (180 euros, parfois un peu plus selon les mutuelles), d'autres préfèrent s'offrir un foulard, un turban ou chapeau. 

Une question de bien-être 

Aujourd'hui, "la loi prévoit, pour les patients qui bénéficient d’un traitement oncologique dit 'alopécien', le remboursement d’une prothèse capillaire. Et par prothèse capillaire, on entend perruque", explique le Dr Martine Berlière, gynécologue et coordinatrice de la clinique du sein aux cliniques universitaires Saint-Luc. Autrement dit, aucune intervention n'est donc possible pour les alternatives à la perruque. 

C'est pourtant un accessoire indispensable pour le bien-être de certains patients, selon cette spécialiste : "Il leur permet de mieux faire face et de mieux vivre les traitements qui sont des traitements lourds ; de mieux faire face et de se sentir mieux dans leur peau face aux effets secondaires des traitements. Et certains patients, patientes, se sentent en phase avec le port d’une perruque et d’autres pas du tout. D’emblée, ils nous disent qu'ils ne veulent pas porter une perruque. Et donc auraient besoin d’un chapeau ou d’un autre couvre-chef".

Raison pour laquelle elle demande, avec d'autres, une modification du texte de loi pour que chaque patient puisse choisir son couvre-chef. 

Une fondation pour pallier le manque

En attendant, une fondation a été créée fin 2021 par Fabienne Delvigne, créatrice de chapeaux : "Caring Hat Fund" a pour objet de récolter des fonds afin d’offrir un couvre-chef de qualité aux personnes à revenu modeste. Mais aussi de contribuer à leur bien-être et leur redonner confiance. Un projet qu'elle a décidé de lancé après avoir mené une étude : "Nous avons fait une étude qui démontre que sur 600 personnes, 200 personnes cherchent une solution alternatives à la perruque et au bonnet cancer".

"Les patientes nous ont dit qu’elles souffraient de la chaleur avec une perruque, que cela les chatouillait et que c’était souvent inconfortable. De plus, elles ont souvent peur que cela se voit qu’elles ont une perruque, ce qui s’ajoute au mal être. D’autres disent aussi que les bonnets cancer sont comme un uniforme de la maladie et elles recherchent quelque chose d’autre. D’où est né notre projet".

Précisons que les personnes qui bénéficient du soutien de l’ASBL sont sélectionnées par les hôpitaux ou les associations partenaires de l’association.

Tout cela en attendant qu'un projet de loi soit déposé au parlement fédéral et modifie la loi actuelle.

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