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Trop de déchets électroniques se perdent à Bruxelles

Trop d’appareils en fin de vie ne rejoignent pas les filières officielles de traitement de déchets, à Bruxelles.
28 mars 2022 à 07:24Temps de lecture3 min
Par Barbara Boulet

Trop de déchets d’équipements électroniques et électriques (DEEE) se perdent, à Bruxelles. En réalité, c’est vrai pour tout le pays, mais dans la région capitale, le problème est encore plus criant.

C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par des chercheurs de la Vrije Universiteit Brussel, publiée par la revue scientifique électronique Brussels Studies. D’après l’étude, à peine la moitié de nos vieux GSM, de leurs chargeurs, mais aussi des anciens lecteurs vidéos ou des frigos et sèche-linges défectueux suivent les filières officielles de traitement des déchets. On n’a même carrément aucune trace de près d’un tiers d’entre eux. Ce qui est évidemment un souci. De quel ordre ? "On ne sait pas vraiment", commente Jean Mansuy, doctorant à la VUB. "Dans le sens où on ne sait pas trop comment ces DEEE sont recyclés et sont traités en fin de vie. Donc ça peut être un problème écologique, dans le sens où selon la manière dont les entités les traitent, ça peut poser des problèmes de santé publique. Sûrement pas en Belgique, mais peut-être dans des pays en développement".

Pas de trace… Pour un tiers des déchets électroniques

Alors où vont ces fameux déchets électroniques ? Ceux qui ne retournent pas chez les marchands, tenus légalement de les reprendre, et qui ne vont pas non plus aux parcs à conteneurs ? "Certains intéressent les ferrailleurs, poursuit Jean Mansuy. Ça concerne principalement les gros déchets comme les machines à laver qui ont un poids élevé, il y a beaucoup de ferraille dedans. Ces ferrailleurs n’ont pas forcément les autorisations pour traiter ce type de déchets".

Ça peut poser des problèmes de santé publique

Il y a aussi les déchets électroniques et électriques qui partent à l’exportation. Parfois de manière légale, parfois pas. "Par exemple, des ordinateurs exportés comme ordinateurs de seconde main mais qui en réalité sont cassés et ne peuvent être réutilisés. Alors dans le conteneur, on va mettre les déchets dans le fond et à l’avant, des produits qui sont encore en état de fonctionnement. Donc quand les douanes vont vérifier le conteneur, elles vont d’abord voir les objets réutilisables".

L’abandon de déchets clandestins sur la voie publique favorise évidemment le glanage informel de ces matériaux. Mais ça ne se limite pas à ça. Il y a aussi des actes bien intentionnés : " Un exemple concret, raconte le doctorant, des gens veulent donner des objets à leurs voisins, ils les déposent sur le trottoir et des glaneurs passent".

Dans les poubelles blanches

Il y a aussi les composants électroniques qui finissent à l’incinérateur, car ils sont jetés avec les ordures ménagères dans les sacs blancs des Bruxellois. Dans l’étude, on lit que c’est "Une option particulièrement significative à Bruxelles, où elle est deux fois plus utilisée (8% des DEEE en unités) que dans les deux autres régions".

Dans l’étude de Brussels Studies, le travail des chercheurs a consisté à identifier les acteurs officiels et non officiels du processus de traitement des déchets électroniques et électriques, ainsi que leurs rôles et les liens qui les unissent. Cet état des lieux du secteur a permis aux auteurs de suggérer des pistes d’amélioration du système, soit en travaillant sur le réseau informel, soit sur les consommateurs.

Que faire ?

Concernant le réseau informel, l’étude envisage trois approches possibles. La punitive ou coercitive, "celle qui est privilégiée actuellement", en mettant des amendes à ceux qui entrent dans le secteur informel. Deuxième approche : rendre l’activité de ces acteurs informels plus difficile, par exemple en collectant les encombrants en porte-à-porte plutôt que les ramasser sur le trottoir. La troisième solution est plus inclusive, elle vise à permettre à davantage d’acteurs de participer au système formel.

Pour le travail sur les consommateurs, il y a aussi plusieurs pistes : soit essayer de les rendre conscients des bonnes pratiques, soit les inciter à coups d’incitants financiers, ou enfin faire en sorte de faciliter les bons comportements, les rendre plus naturels.

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