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Uber Files : la Commission européenne réclame des clarifications à son ex-vice-présidente Neelie Kroes

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11 juil. 2022 à 11:41Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Estelle De Houck

La Commission européenne a réclamé à son ancienne vice-présidente Neelie Kroes des "clarifications" sur les accusations d'un consortium de journalistes, selon lesquelles la Néerlandaise aurait exercé des pressions sur le gouvernement de son pays en faveur de la plateforme américaine Uber, alors qu'elle était tenue par une période de réserve.

"Nous analysons les nombreux éléments d'information" contenus dans les "Uber Files" publiés ces dimanche et lundi, a indiqué lundi un porte-parole de la Commission, en réponse à des questions de journalistes. "La Commission a décidé d'envoyer un courrier à Neelie Kroes pour obtenir des clarifications", a-t-il ajouté.

Les "Uber Files"

Les "Uber Files" proviennent de l'obtention, par le quotidien britannique The Guardian, de quelque 124.000 documents, datés de 2013 à 2017, comprenant des emails et messages des dirigeants d'Uber à l'époque, ainsi que des présentations, notes et factures, que le quotidien a partagés avec le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ, auquel l'hebdomadaire Knack et les quotidiens De Tijd et Le Soir participent en Belgique).

Plusieurs journaux dévoilent ainsi depuis dimanche les contacts étroits qu'Uber entretenait avec de hauts responsables politiques, comme le président français Emmanuel Macron lorsqu'il était ministre des Finances en 2014, ou l'ex-commissaire Neelie Kroes (2004-2014).

Cette dernière, arrivée au terme de son mandat au Berlaymont, aurait exercé du lobbying en 2015 et 2016 en secret pour Uber, alors que la Commission lui avait interdit explicitement de rejoindre le comité consultatif d'Uber, en raison de la "période de contrôle" qui s'impose à tous les commissaires sortants. 

Neelie Kroes aurait approché des hauts fonctionnaires et des membres du gouvernement néerlandais pour forcer le régulateur et la police à renoncer à une enquête sur Uber Amsterdam ou influer sur la réglementation du marché des taxis. Une fois la période de prudence écoulée, Neelie Kroes a rejoint le comité consultatif d'Uber avec un cachet de 200.000 dollars pour en assurer la présidence.

Un code de conduite

Les commissaires européens sont tenus au respect d'un code de conduite instauré en 1999 et mis à jour depuis, qui détaille en pratique leurs obligations d'indépendance et d'honnêteté. La Commission s'est refusée lundi à se prononcer sur de possibles sanctions, comme une retenue sur pension.

Lors de sa candidature en 2019 à la présidence de la Commission, Ursula von der Leyen avait promis la création d'un organe éthique indépendant commun à toutes les institutions de l'UE.

Le cas échéant, la Cour de Justice de l'Union européenne peut toujours jouer un rôle

Des consultations sont en cours avec les différentes institutions pour définir son champ d'application et ses compétences, avant l'élaboration d'un texte législatif, a précisé lundi la Commission.

Quoi qu'il en soit, "le cas échéant, la Cour de Justice de l'Union européenne peut toujours jouer un rôle", selon un porte-parole.

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