Politique

Uber files : vers une commission d'enquête parlementaire à Bruxelles ?

11 juil. 2022 à 18:54Temps de lecture2 min
Par Belga

A la suite des révélations par un consortium de journalistes sur les pratiques de la multinationale Uber, le groupe PS du parlement bruxellois a réclamé lundi la mise sur pied d'une commission d'enquête. Ecolo lui a emboîté le pas. DéFI souhaite avant tout que la Justice puisse faire son travail, tout comme Les Engagés.

Les faits exposés par la presse sont graves en effet

Comme dans d'autres grandes villes dans le monde, la place d'Uber dans le paysage du transport bruxellois a fait l'objet d'âpres débats politiques et mené à la révision du plan bruxellois des taxis. "Les faits exposés par la presse sont graves en effet. Obstruction à la justice, dissimulation de fichiers, embauche de manifestants bidons, utilisation de détectives privés, évasion fiscale... Les dirigeants d'Uber plaisantent entre eux à coup de slogan de Chicago boy: "il vaut mieux demander le pardon qu'une permission". Pour ce qui nous concerne, on voudrait d'abord une explication franche", a déclaré le chef de groupe Ecolo bruxellois, John Pitseys. sur Twitter.   Aux yeux des écologistes, une commission d'enquête parlementaire se justifie car les faits visés "se situent à la lisière du politique et du judiciaire". "On parle ici de pratiques délictueuses ou quasi-délictueuses qui ont un impact sur la gestion publique", a ajouté le chef de groupe.

Les documents révélés dans la presse, notamment dans "Le Soir", portent sur les années 2013 à 2017. Les Verts souhaitent savoir si les pratiques incriminées se sont poursuivies dans les années qui ont suivi, et au cours desquelles le débat politique sur Uber a été intense à Bruxelles. Le PS et Ecolo constituent les deux groupes les plus importants du parlement bruxellois. Le MR, premier groupe de l'opposition, a sèchement balayé la proposition de commission d'enquête. "Il serait surtout grand temps de demander une commission d'enquête sur le fonctionnement des taxis à Bruxelles et les relations avec certains politiques. Ce serait plus utile que se faire mousser avec des infos déjà connues et datant de 2017", a lancé le président, Georges-Louis Bouchez, sur Twitter.

La transparence totale et la justice doivent être faites

"Certains faits datant de la période 2014-2017 relayés dans la presse sont en effet inquiétants et, s'ils sont avérés, inadmissibles (suppression de données pour échapper au fisc, infiltration de l'administration...). La transparence totale et la justice doivent être faites", a quant à lui affirmé Christophe De Beukelaer, député bruxellois des Engagés, dans un communiqué. A ses yeux, certains utilisent les Uber files pour relativiser l'urgence de réformer le secteur du transport rémunéré de personnes à Bruxelles et pour mettre la pression sur les négociations en cours. "C'est inacceptable. Depuis le début de cette législature, j'ai toujours défendu les Bruxellois et les chauffeurs(taxis et LVC). Jamais les intérêts d'une entreprise en particulier. J'ai rencontré tous les acteurs avec la même écoute", a-t-il poursuivi.

M. De Beukelaer a par ailleurs demandé au PS, qui propose de mettre sur pied une commission d'enquête parlementaire sur des faits datant de la période 2014 - 2017, de livrer, de manière claire et explicite, les éléments révélateurs de dysfonctionnements politiques qui le justifient.  L'élu des Engagés a enfin rappelé que son parti avait déposé en mars dernier une proposition visant à instaurer un registre des lobbys et une empreinte législative au parlement bruxellois, pour permettre, à l'instar de ce qui se fait au Parlement européen, de travailler efficacement et en toute transparence.

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