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Belgique

Ukraine : cette guerre "s’arrêtera toujours avec la diplomatie et des gens qui se parlent", estime Alexander De Croo

07 mars 2022 à 09:00Temps de lecture3 min
Par Miguel Allo (RTBF INFO) sur base de l'interview de Thomas Gadisseux

Ce lundi 7 mars, la Première était en direct du 16, rue de la Loi pour rencontrer le Premier ministre Alexander De Croo pour aborder plusieurs questions d’actualité dont le conflit actuel en Ukraine.

Dans le cadre de la guerre en Ukraine, comment interpréter le fait qu’un pays fournisse des armes, notamment, au belligérant ? Participe-t-on au conflit ? Alexander De Croo estime que dans ce cas la Belgique n’est pas une des parties en guerre. Cela dit, chaque pays a le droit de se défendre et donc quand un État demande de l’aide à d’autres pays : "c’est tout à fait normal que l’on puisse le faire sans faire partie de cette guerre".

Concernant la situation humanitaire, le Premier ministre rappelle que même pour le Président Vladimir Poutine, "il y a des règles". Ces règles doivent permettre de préserver les civils. Il est donc normal que la Belgique, aux côtés d’autres pays, a demandé à la Cour pénale internationale d’ouvrir une enquête sur des crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés qui auraient été commis en Ukraine.

La ligne rouge

En Ukraine, les bombardements se poursuivent. Où se situe la ligne rouge ? Quand l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) dira-t-elle que cela suffit ? Le Premier ministre rappelle qu’une des raisons pour laquelle l’Ukraine s’est fait attaquer, c’est parce qu’elle ne fait pas parti de l’OTAN. Quant aux pays baltes (Estonie, Lituanie et Lettonie), la Pologne, … "Heureusement qu’ils font partis de l’OTAN, parce que s’ils n’étaient pas membres, qui sait ce qui se serait déjà passé ?".

Est-on dans ce cas contraint de regarder et de s’indigner ? N’y a-t-il pas une forme d’hypocrisie ? Du point de vue de l’OTAN, la priorité est de défendre ses frontières. La Belgique participe à cet effort et a envoyé des militaires en Roumanie, par exemple. Mais Alexander De Croo est convaincu que cette guerre "s’arrêtera toujours avec la diplomatie et des gens qui se parlent". Que la Russie et l’Ukraine continuent de se parler est dès lors une bonne chose, estime-t-il. L’humanitaire reste la priorité et il faut trouver des solutions pour permettre à la population ukrainienne de quitter les villes assiégées.

Ce matin, la Russie a annoncé ouvrir plusieurs couloirs humanitaires pour évacuer les civils de plusieurs villes ukrainiennes en proie à de violents combats. Le Premier ministre espère que cette fois-ci "on arrête de bombarder la population ukrainienne", rappelant qu’il y a plusieurs indications que des crimes de guerre ont été perpétrés.

Zone d’exclusion aérienne

L’Ukraine demande depuis plusieurs jours qu’une zone d’exclusion aérienne soit imposée sur le pays. Elle impliquerait d’attaquer des avions russes qui survoleraient l’Ukraine. Est-ce une carte que les Européens envisagent ou cela voudrait dire que l’Europe s’impliquerait dans cette guerre ? Alexander De Croo souligne que le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg a été clair à ce sujet et qu’il s’agit de tout faire pour éviter une escalade au-delà des frontières ukrainienne.

"Je sais que cette situation est très difficile à gérer pour tout le monde. Il faut être clair : l’Occident n’est pas en train de regarder ce qu’il se passe. L’effort que nous faisons, par exemple, en approvisionnement d’armes, etc. La Belgique était d’ailleurs un des premiers pays à le faire et beaucoup d’autres pays nous ont suivis avec de l’aide humanitaire et de l’aide militaire. Mais il faut aussi faire attention et tout faire pour ne pas déclencher une guerre qui aurait des effets domino qui iraient beaucoup plus loin que le territoire ukrainien".

La menace nucléaire

Comment appréhender la menace nucléaire brandie par le Président Vladimir Poutine ? Le Premier ministre se dit perplexe mais éprouve "quand même une certaine inquiétude". Il précise qu’il n’y a aucune menace directe par rapport à la Belgique, mais il constate aussi qu'"on est confronté à un leader autocrate" qui a entamé une marche avant vers la guerre alors que ça ne se justifiait pas.

Alors que certains se sont déjà procuré des pilules d’iode en pharmacie, comment rassurer les Belges alors qu’un nuage nucléaire pourrait atteindre la Belgique ? Alexandre De Croo estime qu’il ne faut pas s’inquiéter et que le point de vue des pays occidentaux a toujours été de tout faire pour éviter une escalade du conflit. Et de rappeler que lorsque le Président russe a brandi la menace nucléaire, l’OTAN a calmé le jeu. Par ailleurs, il n’y a eu aucune menace de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord envers la Russie, ni ces dernières semaines, ni ces derniers mois. "Il faut arrêter cette histoire où on dit que ce qui s’est passé, c’est à cause de l’OTAN".

Les enjeux du sommet de Versailles

Les 10 et 11 mars prochains aura lieu à Versailles un sommet réunissant les chefs d’État et de gouvernement européens. Quels sont les enjeux ? Il s’agira d’un "moment décisif pour l’Europe", estime Alexander De Croo, une Europe "qui perd sa naïveté et joue la carte de la souveraineté. Souveraineté d’un point de vue sécuritaire et militaire […], mais aussi par rapport à la stratégie économique et certainement énergétique". Pour le Premier ministre, en matière énergétique il est clair que "l’on s’apprête à se déconnecter complètement d’une certaine dépendance par rapport à la Russie".

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