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Ukraine : Washington annonce des sanctions et annule une rencontre avec le chef de la diplomatie russe

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23 févr. 2022 à 05:06 - mise à jour 23 févr. 2022 à 05:52Temps de lecture2 min
Par Estelle De Houck avec Damien Roulette et Agences

Après les Européens, les Américains ont également haussé le ton. Ils ont à leur tour dévoilé un train de sanctions contre la Russie, suite à la reconnaissance par Moscou de l’indépendance de deux territoires séparatistes pro-russes de l’est de l’Ukraine.

Dans son allocution, le président américain a notamment mis l’accent sur l’accès russe aux marchés occidentaux. "Nous appliquons des sanctions de blocage complètes à l’encontre de deux grandes institutions financières russes, la VEB et leur banque militaire. Nous mettons en place de vastes sanctions sur la dette souveraine russe. Cela signifie que nous coupons le gouvernement russe du financement occidental."

Soyons clairs: il s'agit de mesures de défense de notre part: nous n'avons aucune intention de combattre la Russie

Joe Biden a ensuite annoncé des futures sanctions contre les élites russes et leur famille.
Sanctions qu’il justifie ainsi : "c’est le début d’une invasion russe en Ukraine. Je vais donc commencer à imposer des sanctions bien au-delà des sanctions appliquées en 2014 lors de l’annexion de la Crimée."

En parallèle, Joe Biden a également annoncé un redéploiement de la présence militaire dans la région. "J'ai autorisé le redéploiement de forces américaines déjà positionnées en Europe pour renforcer nos alliés baltes: l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Soyons clairs: il s'agit de mesures de défense de notre part: nous n'avons aucune intention de combattre la Russie."

Rencontre annulée

Sans convaincre grand monde, Joe Biden répète une nouvelle fois que la porte américaine reste ouverte. Pourtant, le jour même, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a annoncé annuler une rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov qui devait avoir lieu jeudi.

"Maintenant que nous voyons que l’invasion a commencé et que la Russie a clairement rejeté toute diplomatie, cela ne fait aucun sens de se rencontrer à ce stade", a déclaré Antony Blinken au cours d’une conférence de presse commune avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba.

"Nous ne permettrons pas à la Russie de revendiquer une prétendue diplomatie quand au même moment, elle accélère sa marche sur la voie du conflit et de la guerre", a ajouté Antony Blinken.

Si Moscou change d’attitude, je reste tout à fait prêt à discuter

Il s’est toutefois déclaré prêt à poursuivre des efforts diplomatiques "si la Russie est prête à prendre des mesures vérifiables pour prouver à la communauté internationale […] qu’elle est sérieuse quand elle parle de désescalade et de trouver une solution diplomatique".

"Si Moscou change d’attitude, je reste tout à fait prêt à discuter", a-t-il ajouté. Mais la Russie "doit démontrer qu’elle est sérieuse. Les dernières 24 heures ont montré tout le contraire".

Des nouvelles sanctions sont possibles

Le ministre américain a noté que les sanctions financières ne seraient pas les dernières si le président russe Vladimir Poutine mettait à exécution ses menaces envers l’Ukraine.

"A toute nouvelle escalade de la part de la Russie répondront de nouvelles mesures rapides et sévères, coordonnées avec nos alliés, en plus de celles annoncées aujourd’hui", a-t-il prévenu.

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Dmytro Kuleba s’est félicité de cette approche "par vagues" en matière de sanctions internationales. "C’est quelque chose qui peut fonctionner, si ça continue durablement", a-t-il dit.

Vladimir Poutine ne doit à aucun moment penser que la pression a atteint son plafond et qu’il ne peut pas être puni davantage", a-t-il ajouté. "La pression doit continuer à augmenter. Et si cela veut dire des annonces régulières de nouvelles sanctions, nous serons satisfaits".

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