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Ukrainiens à Namur : le centre d’accueil "Tabora" est prêt

Les équipes du centre sportif ont placé des indications en ukrainien, pour aider les réfugiés à s’y retrouver dans le bâtiment.

© Louis Matagne

21 mars 2022 à 17:28Temps de lecture2 min
Par Louis Matagne

A la demande des autorités fédérales, la Ville de Namur se prépare à accueillir des réfugiés ukrainiens dans le centre sportif Tabora, réquisitionné la semaine dernière.

Après l’activation du plan d’urgence, qui a permis de mobiliser l’ensemble des services communaux, il n’a fallu que quelques jours pour transformer le centre sportif en centre d’accueil. "Nous faisons au mieux, explique Benoit Demazy, porte-parole de la Ville de Namur. Nous avons déjà une expertise du plan d’urgence, puisque nous avons été confrontés à des catastrophes, comme les inondations, où il a fallu organiser des centres d’accueil. Mais cela n’a jamais été d’une telle ampleur ou pour une telle durée." Dès aujourd’hui, ce sont en effet jusqu’à 150 personnes qui pourront être accueillies à Tabora. "A priori, nous proposerons du logement court, de quelques nuits, en attendant que ces personnes trouvent un logement plus durable dans une infrastructure régionale, ou chez des particuliers." Sur place il y aura en permanence des assistants sociaux de la Ville et du CPAS, des gardiens de la paix pour orienter les réfugiés, mais aussi des gardiens de nuit pour sécuriser le lieu. Le personnel du hall sportif s’occupera de la logistique et de l’entretien. L’équipe devrait être complétée par des bénévoles.

Lits neufs

La Ville de Namur a acheté 120 lits de camp neufs.
La Ville de Namur a acheté 120 lits de camp neufs. © Louis Matagne

Le hall principal du centre a été transformé en espace d’accueil, où les réfugiés seront "enregistrés", afin de connaître au mieux leurs profils et leurs besoins. "Nous leur donnerons également un kit hygiène, avec du gel douche, des langes, ou encore de la nourriture pour bébés." Les employés du hall ont par ailleurs mis en place un balisage en ukrainien, avec des codes couleurs, pour aider les réfugiés à s’orienter. Ils dormiront sur des lits de camp (la Ville en a acheté 120), et recevront un sac de couchage et un oreiller. Les équipes sur place ont dû réfléchir à des nombreux détails, comme l’occultation des fenêtres des salles de sport, pour conférer au lieu une intimité qui n’y existe pas, ou l’installation de multiprises dans toutes les chambres. "Il faut également savoir qu’on s’attend à recevoir des mamans et des femmes enceintes. Il a donc fallu aménager des locaux pour changer les enfants, un local d’allaitement, des zones avec des jouets." Une infirmerie a également été créée : un médecin sera présent deux heures par jour pour prodiguer des soins de première ligne. Trois fois par jour, un repas sera servi dans la cafétéria du hall.

La Ville attend à présent les directives de FEDASIL, et pourrait déjà accueillir les premiers réfugiés ce mardi. "Nous n’attendons pas 150 personnes d’un coup, mais plutôt des groupes de 20 à 30 personnes, que nous pourrons accueillir dans de bonnes conditions" explique encore Benoit Demazy.

L’impact du centre d’accueil sur les finances communales n’est pas encore connu, mais la Ville a déjà déboursé 40.000€ pour l’achat de matériel. Des engagements de personnel ont également eu lieu pour renforcer l’organisation du centre.

Le centre s’attend à accueillir beaucoup d’enfants, et a donc aménagé des salles de jeu.
Le centre s’attend à accueillir beaucoup d’enfants, et a donc aménagé des salles de jeu. © Louis Matagne

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