Musique - Rock

Un air 2 familles : quand Moby puise aux racines de la musique afro-américaine

Un air 2 familles

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Cette semaine, Phillippe Briot nous conduit aux origines de la musique afro-américaine, qui inspirera Moby à l’aube du XXIe siècle.

Alan Lomax est ethnomusicologue comme son père. En 1933, il n’a que 18 ans lorsqu’il l’emmène dans le sud profond des États-Unis, le Deep South. La bibliothèque du Congrès américain a fourni l’équipement d’enregistrement et des matrices de disques vierges. Ils vont ensemble commencer à documenter les racines du folk et du blues sudistes.

Ils écumeront les pénitenciers, les plantations et les bars pour retrouver des chanteurs qui ont conservé la tradition orale des chants noirs. Les deux blancs vont constituer les premières archives sonores de l’histoire musicale afro-américaine.

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66 ans plus tard, en 1999, Richard Melville Hall, alias Moby, connaît un succès planétaire lorsqu’il sort son album, "Play".

Outre son talent personnel, une partie de sa réussite est due aux enregistrements de Lomax. Moby est allé chercher trois morceaux dans ses archives pour illustrer vocalement ses compositions.

À commencer par une chanson folk interprétée par Bessie Jones dans "Honey". Pour "Find my baby", il est allé puiser le "Joe Lee’s rock" de Boy Blue.

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Si on a perdu aujourd’hui la trace de Bessie Jones et de Boy Blue, on a gardé des témoignages de la troisième : Vera Hall.

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Née au fond de l’Alabama, Vera est fille d’esclaves. Lomax père l’enregistrera une première fois en 1939. Mais c’est son fils qui la fera connaître auprès du public en l’invitant en 1948 à faire un concert à New-York.

Alan Lomax écrira un ouvrage sur Vera, dont le manuscrit "Rainbow Sign" est aujourd’hui conservé lui aussi à la bibliothèque du Congrès.

Dans son morceau "Natural blues", Moby a repris l’intégrale du chant acapella de Vera Hall. On peut donc considérer qu’il s’agit en quelque sorte d’un remix.

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Outre la voix de Vera Hall qui est d’une présence incroyable, ce qu’il y a de touchant est de se dire que grâce à la famille Lomax, un air fredonné par des esclaves a traversé le temps pour connaître la célébrité à l’aube du XXIe siècle.

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