Belgique

Un an après les inondations du 14 juillet, "les travailleurs sont encore dépassés par le nombre de demandes d’aides", assure Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté

L'invitée de Matin Première: Christine Mahy, Réseau wallon de lutte contre la Pauvreté

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05 juil. 2022 à 07:20Temps de lecture2 min
Par Maud Wilquin sur base de l'Invité de Thomas Gadisseux

Le 14 juillet 2021, de terribles inondations s’abattaient sur 209 des 262 communes du territoire wallon, endommageant 48.000 bâtiments dont 45.000 logements et détruisant 11.000 véhicules. Bilan humain : 39 décès et 100.000 sinistrés.

Un drame sans précédent qui a coûté à la Wallonie 2,8 milliards d’euros. Mais un an plus tard, nombreux sont encore les sinistrés à ne pas être sortis du cauchemar : "Le bilan est contrasté", constate Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté. Selon elle, les ménages les mieux outillés, à savoir les ménages les mieux assurés, situés sur le territoire, ceux qui ont accès à la digitalisation, à des aides familiales et qui peuvent compter sur une solidarité renforcée, ont vu leurs problèmes être réglés. "Et puis à côté, on a des ménages qui, malgré des accompagnements parfois partiels, sont encore dans la grande difficulté. Certains ménages n’ont pas du tout de logement, d’autres sont dans des logements de transit."

Pour certains, la perspective du logement à long terme est floue. C’est le cas par exemple des personnes qui ont beaucoup investi dans la rénovation de leur maison mais qui craignent de la voir détruite par les autorités publiques dans le futur.

Des aides trop lentes

Pour Christine Mahy, le gouvernement a certes agi, mais trop tardivement. Et beaucoup de choses restent encore à faire. "Il y a eu une difficulté à mettre les choses en route en rapidité réelle", assure-t-elle. "Il y a eu des renforcements d’aides mais qui sont venus au fil des mois. Cela traduit une lourdeur administrative et une difficulté à prendre la saisie des faits réels immédiatement. Une difficulté à croire le terrain immédiatement sur le fait qu’il fallait y aller beaucoup plus vite et beaucoup plus fort. Aujourd’hui, il y a encore des équipes sur le terrain qui sont arrivées en février, mars, avril de cette année-ci parce que tout n’était pas réglé. Les travailleurs sont encore dépassés par le nombre de demandes d’aides. Il faut des accompagnements rapides et durables."

"On attend plus du gouvernement"

La secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté s’est également exprimée au sujet des mesures qu’a mises et que mettra en place le gouvernement pour maintenir le pouvoir d’achat de la population. "Nous avons besoin de voir une intensité de décision plus importante que celle que nous avons vue jusqu’à présent", estime-t-elle. "On a vu que le gouvernement faisait des efforts en termes d’énergie et de tarif social, ce qui aide une partie de la population. Mais ça ne veut pas dire que la frange de la population qui a le plus besoin d’être protégée vit bien. Cela veut juste qu’elle ne s’écroule pas plus."

Pour elle, le gouvernement doit en faire plus pour aider les Belges qui n’ont pas accès au tarif social. "Nous avons besoin de mesures beaucoup plus audacieuses. On attend plus en termes de mesures structurelles. Il faut agir sur le logement, sur la fiscalité, sur le revenu, renforcer la sécurité sociale et supprimer le statut cohabitant. Et faudra que le gouvernement l’entende car lorsqu’une population est très appauvrie, ça grogne très fort. Aujourd’hui, ça grogne par la déprime, mais un jour, ce sera par l’explosion."

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